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Groupe de travail « évaluation des enseignant-es » Jeudi 15 juin 2017

publié le 15 juin 2017

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Les évolutions réglementaires parues suite à l’accord PPCR signé par la FSU contiennent des changements profonds concernant l’avancement et l’évaluation des enseignant-es. Lors d’une audience entre le Dasen et le SNUipp-FSU, il a été convenu qu’un groupe de travail académique serait constitué pour aborder la mise en œuvre pratique de ces changements. La grande consultation lancée en fin d’année scolaire dernière sur l’évaluation professionnelle des enseignant-es a été un point d’appui intéressant pour avancer nos revendications.

Revalorisation : des premiers pas à amplifier

Dès le mois de janvier, des améliorations concernant la paie des enseignant-es ont été actées : dégel du point d’indice, revalorisation des indices à chaque échelon, transformation d’indemnités en indices permettant leur prise en compte dans le calcul de la retraite… Cependant, ces premiers pas, à mettre au compte de nos mobilisations passées, ne sont pas suffisants au regard de la perte passée de pouvoir d’achat et surtout au regard de la différence de salaire avec nos homologues européens. La garantie pour toutes et tous d’accéder à la hors-classe doit être confirmée. Par ailleurs, le SNUipp-FSU a insisté pour que la situation des collègues qui devaient passer au 11ème échelon au grand choix l’an prochain soit étudiée et qu’une réponse soit apportée afin qu’ils ne soient pas pénalisés.
Enfin, le SNUip-FSU a rappelé son opposition à la création de la classe exceptionnelle réservée à quelques uns. Le SNUipp et la FSU se sont d’ores et déjà adressés au nouveau ministre afin de porter les revendications salariales des personnels tout en sachant que nous devrons encore une fois nous mobiliser pour les obtenir.

Avancement : déconnection partielle de l’évaluation professionnelle

L’inspection sous sa forme actuelle est appelée à disparaître. Elle va être remplacée par trois rendez-vous de carrière précédés par une visite en classe de l’IEN : au 6ème échelon, 8ème échelon, au moment du passage à la hors classe. Ils serviront à déterminer l’avancement des collègues à l’échelon ou au grade supérieur. Les modalités de passage à la hors classe et à la classe exceptionnelle ne sont pas encore définies. Même si le SNUipp-FSU n’a pas obtenu la déconnexion complète entre l’avancement et l’évaluation, les inégalités d’avancement et le poids de l’inspection se réduiront puisque l’avancement aux autres échelons sera identique pour toutes et tous. Le SNUipp-FSU a également obtenu que les promotions se fassent en tenant compte de la répartition homme/femme au sein de notre profession.

Rendez-vous de carrière : des modalités concrètes à harmoniser

L’inspection est souvent mal vécue par nos collègues. Huit enseignant-es sur dix en rejettent la forme actuelle. Par ailleurs, la manière dont les enseignant-es sont inspecté-es varie en fonction des inspecteurs/trices de circonscription. Ces disparités de traitement ne sont pas acceptables. Pour le SNUipp-FSU, la nouvelle procédure d’évaluation et plus largement l’accompagnement professionnel prévu pour les collègues doivent être cadrés nationalement et académiquement.
Au départ, les textes prévoyaient la rédaction d’un bilan professionnel par les enseignant-es sans nécessairement une visite de classe. A l’instar des collègues, le SNUip-FSU a revendiqué que l’évaluation soit centrée sur le travail en classe sans la rédaction d’un bilan. Lors du groupe de travail, le SNUipp-FSU a rappelé à l’académie cette disposition. Les enseignant-es concerné-es par un rendez-vous de carrière l’an prochain seront prévenu-es avant la fin de l’année scolaire. Par ailleurs, ils doivent d’ailleurs être prévenu-es au moins un mois avant de la visite de l’IEN, ce qui n’était pas le cas dans les modalités actuelles de l’inspection.

Pour le SNUipp-FSU, les enseignant-es doivent connaître les attendus de l’évaluation. Par ailleurs, l’appréciation portée sur leur évaluation (excellent, très satisfaisant, satisfaisant, à consolider) doit être explicitée. Il n’est pas question de retomber dans les travers de l’inspection actuelle jugée par une large majorité de collègues comme « infantilisante », « stressante » et « peu formatrice ».

Enfin, la procédure de recours doit être clairement explicitée aux collègues.

Un nouvel accompagnement professionnel individuel

En parallèle à ces rendez-vous, un accompagnement professionnel des collègues par les circonscriptions est prévu. Cet accompagnement à caractère formatif doit répondre à la fois à la demande des personnels et à un besoin de l’institution. Il est impulsé et coordonné par l’IEN. Il peut se concevoir de manière collective ou individuelle. Il prend la forme d’une visite dans la classe suivie d’un entretien, il est destiné à valoriser les compétences identifiées, les besoins en formation et repérer les expertises spécifiques. Les objectifs seront de :

- Consolider et développer les compétences professionnelles ;

- remédier aux difficultés rencontrées par certains personnels ;

- favoriser la mobilité professionnelle.

Tout au long de la carrière, il est progressif et conçu dans un esprit de formation et de valorisation.

Pour le SNUipp-FSU, sur le terrain, cet accompagnement doit être conçu de manière concertée avec chaque enseignant-e, cela ne doit pas être un nouveau moyen pour notre hiérarchie de mettre la pression sur les écoles. Une relation de confiance est indispensable. Cet accompagnement ne peut donner lieu à la rédaction de contrats passés entre l’enseignant-e et l’IEN comme on l’a vu ici ou là ces dernières années.
Tous les écrits inclus dans cette démarche doivent être considérés comme des écrits de travail et ne pas être introduit dans le dossier administratif de l’enseignant-e. Selon les textes, l’accompagnement individuel fera l’objet « en tant que de besoin » d’une restitution formalisée à l’enseignant. Le SNUipp-FSU a d’ailleurs rappelé que les dossiers constitués dans certaines circonscriptions ne sont pas réglementaires, seules les archives personnelles des IEN sont autorisées. Cela doit être rappelé clairement par l’académie.

Le Dasen a indiqué qu’à la rentrée, un dispositif d’accompagnement et de formation sera prévu pour les enseignant-es en T1. Ce dispositif sera identique à Paris. Chaque T1 sera reçu par l’IEN de la circonscription, un document sera proposé aux collègues.
Un bilan sera effectué en fin de T2.
Concernant les autres collègues, lorsque l’accompagnement sera mis en place sur demande de l’enseignant-e, il y aura un document commun de demande d’accompagnement des IEN et un compte-rendu de l’accompagnement. Lorsque l’accompagnement sera mis en place sous l’impulsion des IEN, dans le cas où l’enseignant-e rencontrerait des difficultés, un document serait rédigé également. Sa forme sera mise en discussion ultérieurement.

Accompagnement collectif : des garanties attendues

Selon les textes, l’accompagnement professionnel peut porter sur la conception et la mise en œuvre de projets ou dispositifs pédagogiques, sur l’évolution des pratiques pédagogiques et sur l’explicitation des orientations nationales et académiques en matière d’éducation. Il peut également consister en une aide à la mise en place des programmes et à l’évaluation des acquis des élèves et permettre d’identifier les besoins de formation. Les équipes arrêtent, le cas échéant, les modalités d’un compte-rendu.
Pour le SNUipp-FSU, la réflexion collective sur sa pratique au sein d’une école est positive. Cette réflexion ne doit pas être imposée par la hiérarchie, mais mise en place en concertation entre les IEN et les équipes. Ces réflexions doivent partir des besoins identifiés par les équipes. Enfin, les temps de réunion et de formation doivent être inclus dans les 108h, il n’est pas question que cela ait pour conséquence d’alourdir encore un peu plus la charge de travail des enseignant-es.

Le Dasen a précisé que le dispositif serait basé sur un auto-diagnostique sur les points faibles et les points forts de l’école. L’équipe de circonscription viendrait ensuite dans l’école pour travailler avec l’équipe. Selon le Dasen, l’accompagnement collectif pourra ne concerner qu’un cycle.

Le SNUipp-FSU pose d’emblée trois exigences prioritaires

De manière générale, le SNUipp-FSU a tenu à préciser d’emblée trois exigences prioritaires :

- Ces nouvelles procédures doivent marquer une rupture dans les relations hiérarchiques et les pratiques d’évaluations professionnelles.

- Un cadrage académique doit être publié pour harmoniser les pratiques des circonscriptions._
- Les différentes procédures ne doivent pas engendrer une pression et une charge de travail supplémentaires. Par conséquent, les enseignant-es doivent pouvoir décompter les heures de travail engendrées par ces procédures au sein des 18h d’animations pédagogiques.

En réponse à cette interpellation, le Dasen a indiqué qu’une circulaire académique paraitra début septembre sur l’ensemble des procédures : modalités des rendez-vous carrière, de accompagnement professionnel, outils… Par ailleurs, l’IEN adjoint a indiqué qu’une rupture dans les représentations de l’inspection est attendue par les textes. L’académie a précisé que les IEN seront amenés à réfléchir sur les observables communs tirés de la grille d’évaluation nationale. Enfin, un document d’appui à l’entretien sera transmis un mois avant aux enseignant-es concerné-es par un rendez-vous de carrière. Les enseignant-es auront le choix de le transmettre ou non aux IEN.

La formation continue, pilier de l’évolution des pratiques

L’évolution de nos pratiques professionnelles n’est possible qu’à condition de pouvoir bénéficier de formations professionnelles. Le SNUipp-FSU a donc une nouvelle fois exigé que des postes de brigade soient recrées afin de permettre aux collègues de partir en stage de formation continue sur le temps scolaire. Les stages écoles doivent aussi être effectués sur le temps scolaire. Aucune formation ne doit être imposée aux collègues, cela n’aurait aucun sens.


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