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Bilan de rentrée, opérations de mobilité et promotions, école inclusive Compte-rendu du CTA du 12 octobre 2021

publié le 15 octobre 2021

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Le Comité Technique Académique (CTA) s’est réuni le 12 octobre. Dans leur déclaration liminaire, outre un positionnement sur la politique éducative nationale (voir déclaration liminaire dans cet article), le SNUipp et la FSU sont intervenus sur des sujets restés sans réponses par l’Académie : manque de remplaçant-es et gestion calamiteuse du remplacement, situation des RASED, situation des AESH…

Situation sanitaire – tests salivaires

L’Administration indique que la situation sanitaire s’améliore dans l’Académie. Au 11 octobre, privé et public confondus, 65 classes ont été fermées lors des 7 jours précédents.
Selon l’Académie, la campagne de tests est satisfaisante : 58% des écoles ont bénéficié de tests salivaires depuis la rentrée. Le Ministère a donné à l’Académie un objectif de 17 000 tests salivaires par semaine. Avant les vacances d’été, 8 000 tests par semaine étaient réalisés, actuellement entre 12 000 à 14 000, l’objectif de 17 000 serait bientôt atteint.
Aux dires du Rectorat, ces tests se passent sans difficulté notable, le système étant assez bien rôdé aujourd’hui, notamment avec les laboratoires et le déploiement des médiateur-trices Lutte Anti-Covid.

Pour le SNUipp-FSU Paris, cette campagne de tests est largement inefficace au regard de la fréquence de tests et de l’acceptation par les familles. Sans compter les problèmes particuliers de mise en œuvre à la maternelle qui réduit encore le nombre de tests sur une école.

Le SNUipp-FSU rappelle également que le fonctionnement repose essentiellement sur les directeur-trices, ce qui les éloigne toujours un peu plus du cœur de leur mission : coordination de l’équipe pédagogique, accompagnement des élèves et lien avec les familles. Les médiateur-trices LAC bien souvent n’arrivent pas dans les écoles en temps et en heure. Là encore, alors que l’Administration prétend alléger les tâches administratives des directeur-trices, le mépris est patent.

C’est pourquoi le SNUipp-FSU Paris a lancé la consigne « Pas d’aide administrative, pas de tests ! » (voir dans cet article)

Baisse historique du nombre d’élèves dans le premier degré parisien

La baisse des effectifs dans le 1er degré public s’accélère. Depuis plusieurs années, la moyenne se situait à - 2 500 élèves par an. En 10 ans, ce sont 25 000 élèves qui ont quitté l’académie.
En septembre 2021, il y a 112 631 élèves scolarisé-es dans le premier degré public. En cette rentrée, ce sont 6 000 élèves de la petite section au CM2 qui ont quitté l’Académie. Selon l’Administration, il s’agirait d’un départ des « classes moyennes ».
- Sur les 6 000 élèves qui ont quitté Paris, 1 500 devaient entrer en CP.
L’Académie ne dispose pas d’étude statistique pour savoir où vont les familles. Il semble que les départs soient répartis sur l’ensemble du territoire français.
- Cette baisse démographique concerne plus fortement les arrondissements de l’est parisien. Les arrondissements plus centraux et ceux de l’ouest sont moins touchés.

Pour l’Académie, 240 classes auraient pu être fermées en cette rentrée, la moyenne d’élèves par classe étant d’après ses statistiques de 22,8 hors éducation prioritaire et 20,5 en éducation prioritaire, en prenant en compte les effectifs dans les classes dédoublées.

Pour le SNUipp-FSU Paris, c’est une chance de pouvoir enseigner avec des effectifs limités, surtout au vu des effectifs dans le reste du territoire. Au lieu de fermer des classes, il faut d’urgence recruter et créer des postes de remplaçant-es, d’enseignant-es spécialisées et de recréer le dispositif de plus de maitre-esses que de classes.

École inclusive – une gestion déshumanisée pour les élèves et les personnels

L’Académie a indiqué qu’une fois de plus, les notifications d’aide par la MDPH 75 sont beaucoup plus importantes que la moyenne nationale. Bien qu’elle affirme aujourd’hui qu’elle n’est pas décisionnaire et qu’elle n’a aucune prise sur le nombre de notifications individualisées ou mutualisées, l’Académie se félicitait il y a quelques années de la baisse du nombre de notifications individualisées pour la simple raison que les notifications mutualisées coûtent moins cher à l’Éducation nationale !

D’après les chiffres présentés, il y a de plus en plus d’élèves en situation de handicap et donc une augmentation conséquente d’AESH. Depuis 14 ans, il y a eu une hausse de 11 % d’élèves en situation de handicap accueilli-es à l’école.
En 2021, ce sont 11 130 élèves accueilli-es de la maternelle au lycée et 3 246 AESH.
L’Académie a indiqué qu’il manque actuellement 350 AESH et que 450 élèves sont sans accompagnement.
Ces chiffres sont à prendre avec la plus grande prudence puisque l’Académie a refusé de répondre à la question de savoir si les notifications individuelles étaient couvertes dans leur intégralité !

Par ailleurs, elle n’a pas non plus répondu sur la couverture des aides mutualisé-es même avec le taux horaire si faible qu’elle a décrété. Elle n’a pas répondu sur la demande qui peut être faite de demander à un-e AESH qui suit individuellement un-e élève d’en suivre un-e autre avec notification mutualisée en parallèle.
L’Académie a confirmé que depuis un an et demi elle avait donné comme conseil aux directeur-trices de mettre dans la même classe des élèves avec notification mutualisée afin de faciliter le travail des AESH.

Mais le pire est à venir ! En effet, le discours actuel à l’Académie est que « les mutualisations sont à favoriser pour permettre une utilisation optimisée des AESH avec un taux cible de 5,3 « accompagnés » par AESH contre 4,7 actuellement » !
Les conditions de travail des AESH ne sont pas près de s’améliorer ! Dans ce cadre là et vu les conditions de rémunérations, il n’est pas tellement étonnant que l’Éducation nationale rencontre des problèmes de recrutement des AESH.

En ce qui concerne la revalorisation des AESH, elle sera effective a priori sur la paie de novembre. Suite aux nombreuses interpellations, l’Académie a pris l’engagement qu’elle allait formellement discuter avec la DASCO afin de réfléchir à une convention pour permettre une meilleure organisation entre les temps scolaires et périscolaires pour les AESH qui travaillent aussi pour la Ville.

C’est un petit geste de la part du Rectorat en direction de leurs personnels qui sont contraint-es de trouver un second employeur !

Centralisation du remplacement et nouveaux dispositifs : le grand n’importe quoi !

L’application AA1D est actuellement en vigueur dans 12 circonscriptions sur 30. Le Rectorat indique que cette application est expérimentale et qu’elle demande peut-être des ajustements pour être en conformité avec la réglementation (notamment sur les absences pour motif syndical). Il indique que cette application est pensée afin de raccourcir les délais et donc de faciliter le remplacement.

Pour le SNUipp-FSU Paris il n’en est rien, et la gestion calamiteuse du remplacement en début d’année montre bien qu’il faut remettre à plat la gestion du remplacement dans l’Académie. C’est pour cette raison que le SNUipp-FSU Paris a demandé une audience au Directeur d’Académie.

Évaluations d’écoles : pour quoi faire ?

La loi Blanquer dite « École de la confiance » a acté le remplacement du CNESCO par le conseil d’évaluation de l’école (CEE). Cette disposition s’inscrit dans le même esprit que la suppression ou le déshabillage des organismes indépendants qui évaluent les politiques publiques comme la suppression de l’Inspection générale prévue pour 2023. Le CEE est initialement prévu pour le second degré. En cette rentrée, l’Académie de Paris a décidé d’innover et de tester cette nouvelle évaluation avec des écoles du primaire : 4 écoles sont concernées.
De septembre à décembre, les écoles doivent travailler sur une auto-évaluation avec des documents nationaux avant la phase d’évaluation par des cadres extérieurs à la circonscription. Le Rectorat a même indiqué que ceci pourrait être fait par des cadres administratifs du Rectorat !

Le SNUipp-FSU Paris a pris contact avec les écoles concernées. L’Académie n’a pas répondu sur la question de l’utilité et de l’objectif de ces évaluations d’écoles nouvelle formule.

Entrée des parents dans l’école : interdite à partir du 15 octobre

Suite à différentes remontées et à plusieurs demandes de clarification, l’Académie a enfin répondu au SNUipp-FSU Paris. L’Académie et la Mairie, suite à différentes alertes liées à la situation d’alerte attentat et à la crise épidémique, l’entrée des parents dans l’école sera interdite à partir du 15 octobre, sauf pour les rendez-vous individuels ou réunions.
Le SNUipp-FSU Paris ne peut se prononcer sur le bien-fondé de mesure de sécurité pour l’entrée des écoles mais a déploré une fois de plus le manque de clarté à destination des écoles.

Promotions : une communication chaotique et sans aucune vérification possible !

Depuis cette année, les CAPD ne sont plus compétentes en matière de promotions. C’est donc une confiance aveugle qui est demandée aux personnels. La CAPD reste compétente sur la question de la révision de l’avis du Dasen.
Grâce à l’action des représentant-es du SNUipp-FSU Paris des révisions d’avis ont eu lieu pour les rendez-vous de carrière aux échelons 6, 8 et 9. Les recours ont permis de faire réviser des avis « satisfaisant » qui avaient été mis à des enseignant-es qui avaient subi une interruption de carrière pour congé parental ou même congé paternité.

Une fois de plus, l’Académie a justifié le retard des campagnes de promotions de la hors-classe et de la classe exceptionnelle par le décalage du calendrier dû au Covid et à des difficultés de logiciel.
Le SNUipp-FSU a témoigné son indignation face à l’information beaucoup trop tardive faite aux collègues souhaitant partir en retraite et les promouvables qui ont été prévenu-es le 19 juillet ou le 31 août ! Sans effort supplémentaire de la part de l’Administration, ces situations vont se multiplier.
L’Académie n’a pas souhaité donner le nombre de collègues pouvant partir en retraite ou retraité-es concerné-es par une prolongation de carrière ou de renoncement à la promotion.

Suite à la demande du SNUipp-FSU Paris, l’Administration a indiqué qu’elle allait se renseigner sur la possibilité d’expliciter le barème pour les collègues promu-es ou non-promu-es.
En effet, lorsque les représentant-es du personnel pouvaient veiller à l’équité à la transparence, ils-elles vérifiaient qu’il n’y avait pas de passe-droit et communiquaient aux collègues l’ancienneté minimale ou l’avis nécessaire pour changer de grade. Aujourd’hui, plus rien n’est dit, il devient impossible de savoir à partir de quel échelon on peut espérer passer à la hors-classe.
En plus de l’opacité des opérations administratives, la loi de « transformation » de la fonction publique aboutit à une moins bonne information des collègues.

L’Académie s’est engagée à vérifier auprès de la DGRH ce qu’il est possible de communiquer aux collègues. Cependant, elle n’a pas pris l’engagement que les non-promu-es seraient prévenu-es pour la campagne 2021. Le tableau d’avancement va être publié urgemment sur le site de l’Académie, selon ses dires, ainsi, les personnels concerné-es pourront enfin être sûr-es de leur promotion.

Bilan des promotions et des opérations de mobilité

Ainsi qu’il est obligatoire dans les nouvelles Lignes directrices de gestion, le Rectorat a fourni aux représentant-es du personnel des bilans chiffrés sur les opérations administratives. Le SNUipp-FSU Paris va préparer un article détaillé à destination des personnels.


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