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Rythmes scolaires Pari perdu dans les zones difficiles

publié le 1er juillet 2014

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Fin mai, le SNUipp-FSU a réalisé une enquête téléphonique auprès des écoles élémentaires de la périphérie parisienne après avoir été alerté par deux d’entre elles en situation extrêmement difficile. Il était effectivement nécessaire de vérifier si l’ensemble des écoles élémentaires réputées difficiles étaient dans la même situation. Le choix de l’enquête s’est porté exclusivement sur l’élémentaire. La situation des écoles maternelles est en effet très difficile dans tout Paris, aucune autorité ne le nie. En revanche peu de choses transpirent au niveau de l’élémentaire.

3/4 des écoles élémentaires en situation très difficile

Sur une quarantaine d’écoles contactées (13e, 14e, 15e, 18e, 19e et 20e arrondissements) plus de 75% des directeurs et directrices d’école interrogés ont déclaré leur école dans une situation très difficile. Ils constatent en effet une augmentation significative de la violence au sein de leur établissement. Cette augmentation prend plusieurs formes : forte recrudescence des bagarres entre élèves, augmentation des accidents pendant les récréations, envolée des incivilités envers les adultes. Enfin, les élèves fragiles qui pouvaient être « cadrés » les années précédentes, explosent régulièrement cette année. Les directeurs déclarent les équipes épuisées, tenant l’école à bout de bras depuis la rentrée et sans aucune amélioration du climat, bien au contraire.

Les raisons mises en avant pour expliquer cette situation inquiétante

Les collègues mettent en avant le manque cruel de formation de la plupart des animateurs y compris des intervenants au titre des associations tant sur le plan de la gestion de groupe que sur la posture à adopter devant des enfants. Ces derniers souffrent donc d’un manque de cohérence entre le cadre à respecter en temps scolaire et le cadre, ou souvent l’absence de cadre, pendant le périscolaire y compris pendant le temps de cantine. Tout le travail sur les valeurs éducatives, mis en place durant les années précédentes par les équipes enseignantes et qui sécurisaient les élèves, en particulier les plus fragiles, s’est délité cette année en raison de la multiplication des adultes référents qui n’avaient pas les mêmes exigences envers les enfants durant les temps non scolaires. Le directeur n’étant plus chargé de l’organisation des cantines, il est complètement démuni devant certaines attitudes.

Il est important de souligner qu’aucune des écoles appelées n’est restée inactive devant la situation. Certaines ont interpellé les CASPE, soit pour obtenir une supervision des REV, soit pour mettre en place des comités de pilotage dans l’objectif d’assurer une cohérence du cadrage. D’autres ont multiplié les réunions avec les équipes d’animation pour tenter de faire comprendre l’importance de faire respecter des règles communes. Ces efforts n’ont pas donné les résultats escomptés à cause de la rotation permanente des animateurs. Certaines ont fait appel à l’équipe mobile académique de sécurité (EMAS) afin de les aider à trouver des solutions pérennes à la violence. Un certain nombre assure des services supplémentaires pour sécuriser les récréations. Certaines autres assurent un accueil dans les classes à 13h20 pour éviter les explosions de fin de pause méridienne.

Tout le monde s’accorde à dire que les jeudis sont les jours les plus explosifs. Les élèves épuisés ne sont pas en capacité d’apprendre et les plus fragiles sont à fleur de peau.

Reste le petit quart des écoles pour lesquelles les directeurs et directrices déclarent qu’il n’y a pas de changement notable par rapport aux années précédentes. Si certains collègues ne donnent pas plus d’explication, d’autres, en revanche, en attribuent les mérites à leur REV très impliqué et à la stabilité d’équipes d’animateurs compétents et, pour une école, à un projet éducatif monté conjointement par les enseignants et les animateurs. Plusieurs directeurs déclarent également appeler leur CASPE respective à chaque fois qu’un animateur ne se comporte pas correctement vis à vis des enfants. Enfin, la très grande majorité d’entre eux soulignent la fatigue des élèves qu’ils estiment très sollicités durant la semaine et pointent le jeudi comme la journée où les enseignants sont en grande difficulté pour faire passer leurs apprentissages.

Le SNUipp-FSU Paris dénonce encore une fois le discours de la Mairie de Paris qui laisse supposer que tout se passe bien dans le meilleur des mondes. Les nouveaux rythmes scolaires à Paris amplifient les difficultés des écoles réputées difficiles, laissant les équipes démunies et sans soutien réellement efficace.

Le Snuipp-FSU Paris a interpellé la Mairie de Paris sur la question et continue à revendiquer aux côtés du SUPAP-FSU la professionnalisation véritable de l’animation en exigeant une formation conséquente et la titularisation des animateurs de la Ville de Paris.


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