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Déclaration liminaire du SNUipp-FSU CTA carte scolaire 2013

publié le 20 février 2013

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Avant d’entrer dans le vif du sujet et débattre des mesures de carte scolaire que nous propose l’académie, nous devons replacer celles-ci dans le contexte actuel. Nous sommes en plein paradoxe, les mots « changements et concertation » sont répétés à l’envi tel un mantra, mais leur sens n’a jamais autant été dévoyé. Ces éléments de langage cachent mal le refus du Ministre d’entendre ce que l’ensemble de la communauté éducative lui dit depuis des mois.
L’enfumage ministériel sur la question des rythmes scolaires a fait long feu, les masques tombent. Le décret doit être abrogé.
Plus largement, les enseignant-es refusent de se faire berner : l’ambition affichée pour l’école par le Président de la République lui-même se réduit à peau de chagrin. Alors qu’il semblait que nous partagions le constat de la reproduction des inégalités quelques soient par notre système scolaire, le Ministre se contente d’un ravalement de façade de la maison « Education Nationale ». La loi dite de « refondation » n’est pas à la hauteur des enjeux. Le SNUipp-FSU acte les quelques avancées sur la formation, la création du conseil supérieur des programmes… mais nous soulignons aussi les absences et nos désaccords avec certaines dispositions : aucune ambition pour l’éducation prioritaire, pas de remise en place de la formation continue, pas de rupture réelle dans les contenus d’enseignement pour le moment… et j’en passe.

La rupture avec les politiques passées doit également se faire du point de vue des conditions de travail et d’emploi des enseignant-es. Rupture dans la méthode d’abord : nous attendons de notre Ministre du respect. Les déclarations intempestives doivent cesser. Sur ce point, nous tenons à adresser un message à Madame la Ministre Pau Langevin et au Ministre Peillon qui nous appellent à la responsabilité et à accepter de faire des efforts. Le SNUipp-FSU tient à leur faire remarquer que nous ne n’ avons pas attendus leur prise de fonction pour nous battre au quotidien pour essayer de faire réussir tous les élèves. Les années passées, les enseignant-es ont été en première ligne pour lutter contre la casse de l’école publique et ce dans la rue comme dans leur classe. Nous n’avons aucune leçon à recevoir. La rupture doit se faire aussi avec des mesures concrètes. Les enseignant-es doivent enfin être considérés par leur hiérarchie et ce dans l’ensemble des circonscriptions parisiennes. Le jour de carence doit être abrogé, le SMA également. Là aussi, le SNUipp-FSU acte le changement de ton ministériel : au mois de septembre, le Ministre faisait appel à notre dévouement… il commence à maintenant à reconnaître la chute libre de notre pouvoir d’achat. Le SNUipp avec la FSU est bien déterminé à le faire passer aux actes et obtenir une revalorisation conséquente de nos salaires.

Les conditions de travail des enseignant-es dépendent également des discussions que nous aurons aujourd’hui. Revenons donc au sujet du jour. Le SNUipp-FSU le répète depuis le mois de juin. Le changement de cap budgétaire est net, mais il reste insuffisant pour réparer les dégâts causés par les politiques passées et transformer de manière ambitieuse l’école. Il n’est pas acceptable que les postes octroyés pour l’Education Nationale soient financés par des suppressions de postes dans les autres services publics. La société ne pourra devenir plus juste et plus solidaire sans un investissement conséquent dans les services publics. La FSU exige du gouvernement qu’il cesse de les considérer comme un coût.

Nous entrerons dans les détails des mesures de carte scolaire au cours des débats. La répartition des 50 postes octroyés par l’académie est symbolique de la politique ministérielle actuelle. Les vraies priorités des écoles portées par les enseignant-es ne sont pas entendues. Le nombre moyen des élèves par classe dans les écoles parisiennes est parmi les plus élevés de France, le différenciel entre les écoles situées en éducation prioritaire et les autres un des plus faibles, et bien, l’académie ne s’engage pas dans une baisse des effectifs dans les classes. Les enseignant-es réclament le rétablissement des Rased, et bien, l’académie applique les consignes ministérielles et ne prévoit de recréer aucun poste de maître E, G ou de psychologue scolaire. Les enseignants en ont assez des absences non remplacées et revendiquent le retour de la formation continue sur temps scolaire, et bien l’académie ne recrée que 15 postes de remplaçants…alors même que xx postes ont été supprimés les années passées.
Alors oui, le SNUipp-FSU est favorable à la scolarisation des élèves de moins de trois ans quand les familles le demandent, mais les 8 postes proposés vont-ils permettre de réduire les inégalités sociales et territoriales, les moyens matériels humains seront-ils au rendez-vous ? Etait-ce bien la priorité pour la rentrée 2013 ?
Alors oui, la création des 17 maîtres supplémentaires va permettre une amélioration des conditions d’apprentissage et d’enseignement dans les écoles concernées si elles sont correctement accompagnées et le SNUipp-FSU s’en félicite, mais nous tenons à réaffirmer dès maintenant qu’ils ne doivent pas servir de caution à la disparition des Rased. D’autre part, cela correspond qu’en partie au mandat historique du SNUipp-FSU qui inclut une baisse des obligations de service des enseignant-es et une modification des missions des enseignant-es des écoles.
Une seul boussole va guider le SNUipp-FSU dans les débats aujourd’hui : obtenir un réel changement dans les conditions d’apprentissage des élèves et d’enseignement des professeurs à la rentrée 2013. Pour cela, les mesures proposées par l’académie doivent très sérieusement évoluées.

Pour conclure, combatif et déterminé, engagé dans l’unité syndicale, le SNUipp-FSU continue d’être force de propositions et promeut une transformation ambitieuse de l’école tant dans l’intérêt des élèves que de celui des enseignant-es et plus largement dans l’intérêt de l’ensemble des personnels qui concourent au bon fonctionnement du service public d’éducation. Notre syndicat demande donc une nouvelle fois à l’académie l’organisation d’Etats Généraux pour l’école à Paris rassemblant l’ensemble de la communauté éducative pour mettre enfin tous les sujets sur les tables et changer réellement les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions d’enseignement des professeurs.


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