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Budget 2013 un exercice en trompe l’oeil qui manque d’ambition

publié le 20 décembre 2012

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La programmation budgétaire inscrite dans une annexe au texte sur la refondation de l’école contient bien les 60.000 postes promis par le candidat Hollande. Pourtant en y regardant de plus près on s’aperçoit que sur ce nombre seulement 14.000 postes d’enseignants seront créés dans le primaire sur 5 ans. C’est bien peu pour réparer les dommages causés depuis plusieurs années et promouvoir une politique ambitieuse pour l’école.

Après des années de suppressions massives de postes dans l’Éducation nationale, le pays renoue avec un investissement important dans l’éducation de sa jeunesse. Le candidat-président Hollande s’était engagé à créer 60.000 postes en cinq ans dans l’Éducation nationale. Le rapport budgétaire annexé au projet de loi sur la refondation de l’école vient confirmer cet engagement. Mais cet effort sera payé par d’autres. Ces créations de postes seront financées par redéploiement à l’intérieur de la fonction publique. En clair, ce sont les autres services publics qui paieront la note de l’effort consenti dans l’Éducation nationale.

L’annonce est d’importance. 60 000 postes c’est beaucoup. Mais qu’en sera-t-il dans la réalité des établissements scolaires. On est loin de la manne annoncée. Lorsqu’on examine le détail de ces mesures, on s’aperçoit que le nombre de postes d’enseignants titulaires ne représente que le tiers des postes qui seront créés en cinq ans. En effet, sur le total, 54 000 postes seront créés au ministère de l’éducation nationale, 5 000 au ministère de l’enseignement supérieur et 1 000 au ministère de l’agriculture.

Formation initiale : 27 000 postes

Dans l’éducation nationale, la moitié des postes seront consacrés à la formation initiale. Ils se répartissent en 26 000 postes d’enseignants stagiaires et 1 000 enseignants titulaires formateurs.

Dans les écoles : 14 000 postes

Sur les moyens accordés aux écoles sur cinq ans, 3 000 postes seront consacrés au développement de l’accueil des enfants de moins de trois ans, en particulier dans les zones d’éducation prioritaire ou en zone rurale. 7 000 postes seront dévolus à la mise en œuvre du « plus de maîtres que de classes ». 4 000 postes viendront accompagner les évolutions démographiques attendues et à améliorer le remplacement.

Second degré : 7 000 postes

Sur ce nombre de postes 4.000 seront en priorité affectés dans les collèges en difficulté et les lycées professionnels à l’aide aux élèves « décrocheurs ». 3 000 postes seront prévus pour tenir compte des évolutions démographiques et procéder à un rééquilibrage de la répartition de moyens humains dans les collèges et les lycées. On est bien loin des milliers de postes perdus dans le second degré depuis des années qui ont conduit à l’augmentation des effectifs, la disparition des cours dédoublés...

Accompagnement des élèves : 6 000 postes

L’accueil des élèves en situation de handicap, l’accompagnement des élèves, le suivi médical et social, l’encadrement des établissements et des services académiques consommeront les 6 000 postes qui restent. Si l’on peut se réjouir d’une augmentation du nombre de poste destinés à l’accompagnement des élèves en situation de handicap, rien dans le projet de loi sur la refondation ne fait état d’un quelconque statut de ces personnels avec une réelle formation et un déroulement de carrière qui les sortent enfin de la précarité.

Programmation budgétaire qui manque d’ambition

Au final la programmation des moyens accordés à la refondation de l’école se révèlent manquer d’une réelle ambition. Seulement 21 000 postes sur 60 000 serviront réellement à modifier les conditions d’enseignement des élèves. Pas un mot sur les Rased, très peu sur les moyens de remplacement, des « maîtres supplémentaires » insuffisants pour assurer une véritable transformation de l’école et réparer les dégâts causés par plusieurs années de suppression de postes. Seule la mobilisation de la profession avec le SNUipp-FSU permettra de donner à ce projet de budget une autre consistance.


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