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Une École qui n’en a plus que le nom... proposition de lettre pour les équipes à adresser au Dasen

publié le 1er juin 2020

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Le SNUipp-FSU Paris invite tous-tes les collègues :

- à remplir une fiche du RSST pour faire part de la dégradation de ses conditions de travail et du danger que celle-ci représente pour la santé.
Cette procédure réglementaire est individuelle mais elle prend un caractère collectif lorsque le motif est partagé par un grand nombre de personnes.
L’Académie est dans l’obligation légale d’y répondre et y fait elle-même référence lorsque des situations difficiles lui sont exposées oralement.
Une photo de la page remplie du RSST est à envoyer par mail à votre IEN et au CHSCT secretaire.chscta@ac-paris.fr, en adressant une copie au SNUipp-FSU à snu75@snuipp.fr

- à exprimer en équipe son ressenti sur les conditions actuelles d’exercice du métier.
Vous trouverez ci-dessous et en version .doc une proposition de lettre que vous pouvez bien sûr modifier, à envoyer au Dasen par la voie hiérarchique, en nous envoyant une copie à snu75@snuipp.fr.

Pour les directrices et directeurs d’école, voir aussi la lettre ouverte à signer : http://75.snuipp.fr/?Lettre-ouverte-des-directeurs-et



L’équipe pédagogique
École xxxxx

Monsieur le Directeur académique des services de l’Éducation nationale chargé du premier degré de Paris
12 boulevard d’Indochine, 75019 Paris
sous-couvert de M. / Mme ..................., IEN de la circonscription .......


Monsieur le Directeur académique des services de l’Éducation nationale chargé du premier degré de Paris,

Pendant huit semaines, nous avons dû faire face à cette situation exceptionnelle de confinement, en tentant de mettre en place une « continuité scolaire » à laquelle personne n’était préparé. Pour nos élèves, nous avons dû réinventer notre métier dans un contexte particulièrement difficile, en tachant de renoncer au minimum à ce qui lui donne son sens, et ce tout en assurant pour un certain nombre d’entre nous, l’accueil des enfants des personnels soignants dans les écoles de regroupement.

S’en est suivie la réouverture prématurée des écoles parisiennes, alors que la circulation du virus en Île-de-France était encore intense et les services hospitaliers sous tension. La multiplication des ordres et contre-ordres et des demandes impossibles imposées à nos collègues directeurs et directrices ainsi qu’à notre équipe, nous a contraint-es à travailler dans l’incertitude, la précipitation et l’angoisse pour organiser cet accueil.

Trois semaines plus tard, nous constatons que le protocole sanitaire dénature profondément les relations pédagogiques au sein de la classe. Ce protocole, inapplicable sur un certain nombre de points, notamment sur la distanciation physique pour les jeunes élèves, met notre équipe en défaut et nous oblige à des arbitrages impossibles entre respect des gestes barrières et respect des besoins des élèves. De plus, le travail en équipe est dégradé par l’ampleur de la charge organisationnelle qui pèse sur notre école. L’articulation entre le travail distanciel et présentiel est source de tension tant il relève du casse-tête pour toutes et tous. 

Nous exerçons aujourd’hui notre métier dans des conditions dégradées, qui dénaturent de plus en plus les fondements même de l’École. C’est le sens de nos métiers d’enseignant-e et d’AESH qui s’étiole de jour en jour dans cette École qui n’en a plus que le nom… Une École qui malmène les enfants et les adultes qui y travaillent !

On nous demande aujourd’hui d’élargir cet accueil en augmentant nos effectifs. Encore une fois, nous sommes face à une demande impossible. Tant que le protocole sanitaire reste en vigueur, nous ne pouvons pas nous engager à le respecter en accueillant plus d’élèves. Tant qu’un cadrage clair sur l’articulation entre travail à distance et travail en présentiel n’a pas été discuté et validé, nous ne pouvons pas porter la charge d’organisation que cet élargissement représente. Tant que nous n’avons pas de garantie quant à notre sécurité et à celle de nos élèves et de leurs familles, nous ne pouvons pas prendre ce risque.

Depuis près de trois mois, nous avons prouvé que nous ne manquons ni de courage ni de professionnalisme. Mais nous sommes fatigué-es ! Fatigué-es d’être mis-es dans des situations impossibles ! Fatigué-es de porter seul-es la charge d’organiser cette reprise prématurée ! Fatigué-es de renoncer chaque jour à ce qui donne sens à notre métier et à notre École ! Fatigué-es d’être si peu considéré-es !
Nous ne pourrons pas continuer à endosser l’entière responsabilité de cette organisation du travail déraisonnable. Il est hors de question que nous y laissions notre santé physique et mentale.

Ainsi que l’ont fait nos représentant-es, nous tenons à vous faire part de notre vive inquiétude pour nos élèves, notre santé, et notre métier. Et nous tenons à vous alerter sur les risques psycho-sociaux auxquels nous sommes exposé-es un peu plus chaque jour.

Veuillez croire, Monsieur le Dasen, en notre profond attachement au Service public d’éducation.

L’équipe xxxx

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Proposition de lettre au Dasen


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