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Rentrée du 2 novembre : toujours le même mépris de l’Académie pour les directeur-trices Lettre au Recteur du 3 novembre 2020

publié le 3 novembre 2020

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Le mardi 3 novembre 2020 s’est tenu une commission du Groupe Académique sur la Direction d’École (GADE) réunissant des directrices et directeurs désigné-es pour moitié par l’Administration et pour moitié représentant les syndicats élus dans l’Académie.
Lire le compte-rendu du GADE.

Suite à ce GADE, voici la lettre que le SNUipp-FSU Paris adresse au Recteur pour dénoncer le mépris et l’indifférence de l’Académie face à la surcharge de travail des directeur-trices.



Monsieur le Recteur de l’académie de Paris,

Cet après-midi s’est réuni le GADE et les représentant-es du SNUipp-FSU Paris y ont pris toute leur place malgré le mépris continu de notre administration.
Nous avons maintes et maintes fois alerté l’Académie de la souffrance vécue ces derniers mois dans les écoles et ce courrier s’inscrit dans cette continuité malheureuse : il n’est plus supportable de se voir traiter avec autant de mépris par notre hiérarchie.

Ce GADE a été mis en place en tant qu’espace de dialogue. Force est de constater que si nous y avons la parole, celle-ci n’est pas considérée. La maltraitance institutionnelle que nous dénonçons sans relâche ne cesse de s’intensifier de semaine en semaine.
En moins de 48h, le Ministère et l’Académie ont réussi à désorganiser les écoles tout en piétinant la dignité et l’honneur d’une profession. L’hommage à Samuel Paty qui devait se construire en concertation au sein des équipes a été réduit à une injonction politique, sans pertinence pour les enseignant-es et les élèves.
Un hommage vite expédié, bafoué, dénaturé...

Encore une fois, entre jeudi soir et lundi matin, les informations nécessaires à la mise en place d’un nouveau protocole sanitaire dans les écoles, sont arrivées par voie de presse, sans logique, sans concertation, se contredisant sans cesse et laissant encore et toujours des questions sans réponse. Nous sommes toutes et tous complètement sidéré-es !
Être obligé-e de regarder les différentes chaines d’information et guetter les réseaux sociaux pour obtenir nos consignes...
Qui peut trouver cette situation normale ? C’est insupportable !

Tout est fait dans la précipitation permanente, aucun cadre clair n’est donné, rien n’est anticipé ou planifié et c’est aux directrices et directeurs, de démêler le réel, de bricoler l’ordinaire pour que tienne debout cette institution si malmenée aujourd’hui !

Le SNUipp-FSU Paris l’a déjà dit et écrit, et le répétera autant que nécessaire : la surcharge de travail, le stress et la tension que ces méthodes de management font peser sur les écoles, sur les personnels et sur les familles est énorme !
L’École implose, le bateau prend l’eau, la maison brûle, quelque soit la métaphore choisie le constat est le même.
Tandis que notre ministre affirme à longueur d’antenne que « tout est prêt », « il n’y a pas de cas dans les écoles », « tout va très bien », l’ensemble de la communauté éducative, les directrices et directeurs en première ligne, s’épuise, s’étiole, s’abime de plus en plus, et finira peut-être par s’effondrer totalement si nous n’y prenons pas garde.
Est-on en train de vivre une déstabilisation programmée de l’Éducation nationale ? Le SNUipp-FSU Paris s’inquiète de la politique actuelle de gestion des personnels et espère se tromper en jouant les oiseaux de mauvais augure.

Enfin, un mot sur ce nouveau protocole. À l’exception des masques pour les élèves de plus de 6 ans, il apparaît qu’aucune mesure supplémentaire ne vienne renforcer la sécurité sanitaire dans les écoles. Ces masques d’ailleurs, sont plus gênants pour les élèves et leurs enseignant-es, qu’ils ne sont réellement protecteurs... Car enfin qui peut déterminer la conformité d’un masque : trop petit, trop grand, utilisé trop longtemps, mal mis, tripoté toute la journée...
C’est un protocole qui ne protège personne mais qui surcharge toujours plus le travail des chargé-es de direction et des équipes enseignantes.

Tout cela, le SNUipp-FSU Paris ne cesse de le dire et de l’écrire depuis des mois. Les représentant-es l’ont répété à nouveau aujourd’hui, excédé-es de l’indifférence et du mépris de notre hiérarchie.
Quand l’Académie et le Ministère entendront-ils enfin la nécessité d’être entendu-es, écouté-es et considéré-es ?
Nous n’oublions pas le geste désespéré de notre collègue Christine Renon qui n’aura pas réussi à faire comprendre la gravité de la situation.
Nous attendons des actes, et le SNUipp-FSU Paris veut encore y croire.

Cliquez sur l’image pour lire la lettre en version PDF.

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