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Carte scolaire 2020 : déclaration liminaire du SNUipp-FSU Paris au CTA du 21 avril 2020

publié le 21 avril 2020

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En préambule, en ce qui concerne les audiences carte scolaire, il faut que l’Académie communique avec les IEN et ne peut se contenter d’une information relayée par les organisations syndicales et les fédérations de parents d’élèves.

Nous tenons à redire notre étonnement, quant à la réception des documents concernant la carte scolaire. C’est la première fois que les IEN ont confirmation des mesures avant les représentant-es du personnel, souhaitons qu’il s’agisse d’une erreur dûe à la situation exceptionnelle que nous rencontrons.


Carte scolaire

Initialement, notre Académie avait une dotation négative de 16 postes. Au moment de l’annonce, nous avions déjà dénoncé cette maigre enveloppe puisque la baisse démographique ne suffirait pas pour améliorer les conditions d’apprentissage et d’enseignement dans les écoles parisiennes.

Depuis, avec l’épidémie du Coronavirus, la situation a dramatiquement changé. Le SNUipp-FSU a donc revendiqué cette année auprès du Ministère et de l’Académie un moratoire sur les opérations de carte scolaire. Après discussion, le Ministère a revu l’enveloppe nationale initiale qui prévoyait 440 créations de postes. Après ajustement, le Ministère en crée au total 1688, soit 1248 de plus.

À Paris, le Ministère n’a pas octroyé de création de postes, mais a annulé les 16 suppressions prévues. En clair, toute ouverture de poste, notamment pour le dédoublement des classes de grande section devra être financée par une fermeture de poste. Pour notre syndicat, ce n’est pas acceptable !
L’académie de Paris est la seule académie métropolitaine qui ne prévoit aucune création de postes pour cette année. Pour le SNUipp-FSU Paris, on est loin du compte !

La rentrée prochaine s’annonce exceptionnelle pour les enseignant-es et surtout pour les élèves, notamment ceux-celles qui rencontraient déjà des difficultés scolaires. Le Ministère ne tire pas les leçons de la crise actuelle et ne met pas tout en œuvre pour lutter contre les inégalités scolaires qui se sont – malheureusement - encore aggravées pendant la fermeture des écoles.

Sans création de postes, les conditions d’une rentrée et d’une année sereines ne seront pas réunies. Le SNUipp-FSU continue donc de revendiquer des créations de postes à la hauteur des besoins des écoles parisiennes ! Toute fermeture contestée doit être annulée et les ouvertures nécessaires doivent être actées !

Il est indispensable que le service public d’éducation se montre à la hauteur de l’enjeu pour la prochaine rentrée puisque la crise sanitaire a mis en exergue les inégalités tant sociales que scolaires !

Concrètement, la mise en place des GS dédoublées en éducation prioritaire aura pour conséquence la dégradation des conditions d’apprentissage dans les autres écoles ou dans les autres classes puisque l’Académie a choisi d’appliquer « le dédoublement des GS ». On le verra dans l’étude des situations aujourd’hui, il s’agit bien plutôt d’un plafonnement d’effectifs en GS qu’un réel dédoublement. Cet abus de langage ne facilite absolument pas la compréhension des mesures pour l’ensemble des équipes.

Pour le SNUipp-FSU, c’est une urgence d’améliorer les conditions d’apprentissage dans toutes les écoles, mais aussi répondre aux besoins en terme de remplacement, de formation, ASH, élèves rencontrant de graves difficultés de comportement, PDM, de scolarisation des moins de trois ans, création d’ULIS, UPE2A…

Nous ne pouvons accepter les suppressions de postes en Rased prévues par l’Académie. Au contraire, nous revendiquons aussi des créations de postes de RASED pour la rentrée afin que les élèves en grande difficulté scolaire ne soient pas les grand-es oublié-es de cette rentrée. Le SNUipp-FSU revendique des Rased complets et en nombre suffisant sur l’ensemble de l’académie.

Par ailleurs, depuis de nombreuses années, le SNUipp-FSU Paris revendique la création de postes de remplaçant-es pour remplacer les collègues en arrêt d’une part et pour permettre aux collègues de partir en formation d’autre part. Cette année, combien de remplacements n’ont pas été assurés ? Combien de départ en formation ou autorisations d’absence de droit pour stages syndicaux n’ont pas pu avoir lieu dû aux problèmes de remplacement. C’est pour cette raison que nous redemandons cette année, comme nous le faisons tous les ans, l’augmentation du nombre de postes de remplaçant-es.

En termes de formation, le SNUipp-FSU revendique également la nécessité de créations de postes de PEMF et de CPC. Les créations de postes de CPC doivent être actées dans certaines circonscriptions en raison de leurs spécificités (taille, population enseignante, éducation prioritaire…). Si des créations de postes au niveau académique sont nécessaires, les créations de poste ne peuvent se faire au détriment des postes de formation en circonscription et au sein des écoles. Ces besoins seront particulièrement importants l’année prochaine au regard notamment de l’année que vivent les stagiaires.

Enfin, le CHSCT avait voté un plan d’action qui prévoyait la création de postes d’enseignant-es spécialisé-es pour intervenir auprès des enseignant-es dans les écoles et de les accompagner pour des analyses de situations professionnelles.

L’Académie a mis en place une plateforme pour les élèves rencontrant de graves problèmes de comportement. Cependant, à la carte scolaire de cette année, aucune création spécifique sur ce dispositif en particulier ou sur une brigade de remplaçant-es, de professeur-es spécialisé-es n’est prévue. Le SNUipp-FSU n’a pas oublié les préconisations du CHSCT et les difficultés que rencontrent les équipes et les élèves. Ces difficultés perdurent. Cette problématique ne doit donc pas être oubliée. L’a-t-elle été dans cette carte scolaire ?

Postes à profil au mouvement intra

Nous tenons à déplorer et dénoncer en CTA la création de postes à profil.
L’Académie profite ainsi de la loi de la transformation publique pour créer des postes de direction à profil, ce que n’a fait l’Académie une seule fois il y a une dizaine d’années. Nous demandons donc de revenir sur cette décision qui agit à l’encontre des droits des personnels et qui n’est pas non plus dans l’intérêt du service. Nous nous sommes adressé-es à Monsieur le Dasen à ce sujet.

Réouverture des écoles le 11 mai

Cette crise est l’occasion de réaffirmer l’importance de notre service public d’éducation et d’une manière générale de l’ensemble des services publics, dans leur rôle d’amortisseur des effets des crises, qu’elles soient économiques, écologiques ou sanitaires. L’occasion de réaffirmer qu’ils sont, non pas un coût pour la société, mais d’abord une richesse, un investissement et un outil permanent de solidarité.

Enfin, même si nous avons déjà eu un échange avec Monsieur le Recteur et qu’il y aura un CHSCT mercredi, il nous faut dire un mot sur la situation actuelle.

En effet, nous tenons à rappeler que la fermeture des écoles a été annoncée avant même le confinement, parce qu’elles ont été identifiées comme étant un lieu de contamination extrême. Et maintenant, leur réouverture serait la première chose à faire ? Cette décision est inconséquente. Pour faire passer la pilule, il parle tout de même des enfants les plus éloignés de l’école comme étant une raison essentielle de ce retour en classe.

Cette attention aux familles les plus en difficulté, nous la portons syndicalement depuis toujours, qu’il faille attendre une crise de cette ampleur pour que le gouvernement en parle également serait risible si la situation n’était pas si préoccupante.

Bien sûr nous sommes inquiet-es pour certain-es de nos élèves, en particulier les plus mal logé-es, celles et ceux qui n’ont pas d’accès aux outils informatiques, qui vivent dans la pauvreté, mais ce n’est pas une raison pour accepter de leur faire prendre des risques inconsidérés, ainsi qu’à leur famille, alors que l’impréparation du gouvernement est totale.

Nous avons bien noté l’engagement de Monsieur le Recteur sur le fait qu’il n’y aurait pas de rentrée sans garanties sanitaires et que le déconfinement serait bien progressif. Nous avons aussi noté la volonté de notre Académie de bien organiser la reprise des adultes avant celle des enfants.
Les élèves et les enseignant-es doivent être protégé-es, et non pas sacrifié-es à la reprise de l’économie, surtout si cela ne s’accompagne d’aucune mesure durable permettant d’aller vers une société plus juste et solidaire.


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