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Formation continue, 18h d’animations pédagogiques, dysfonctionnements et manque de communication du Rectorat... Compte rendu du CTA du mardi 28 juin 2022

publié le 1er juillet 2022

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Le dernier CTA de l’année s’est réuni mardi 28 juin. Le seul point à l’ordre du jour était la présentation du plan académique de formation. Dans sa déclaration liminaire ainsi que dans les échanges, la FSU a tenu à mettre un certain nombre de points sur la table.

Promotions et dysfonctionnements du Rectorat : ça suffit !

Le manque de considération pour les enseignant-es et de personnel dans les services académiques nuit à l’ensemble de l’Institution. Le SNUipp-FSU Paris exige une embauche conséquente de personnels administratifs formé-es afin de répondre rapidement et exactement lorsqu’ils-elles sont sollicité-es. Une vraie gestion efficace éviterait une charge mentale qui nuit aux personnels des écoles.

Après un énième changement de calendrier, dû à l’incompétence du Rectorat mais aussi à la volonté manifeste du Ministère (contingents arrivés trop tard, dysfonctionnement de logiciels, etc.) l’Académie a annoncé que les promotions à la Hors Classe seront connues le 7 juillet.
En ce qui concerne la classe exceptionnelle, le Rectorat a indiqué que les avis seront consultables à partir de début juillet (1er ou 4 juillet) pour une durée d’une semaine. Les contingents pour la classe exceptionnelle ainsi que pour l’échelon spécial ne sont pas encore connus mais l’Académie espère pouvoir annoncer ces promotions au plus vite.

Depuis que les représentant-es ne sont plus associé-es aux opérations de promotion afin de pouvoir veiller à l’équité et à la transparence, les droits de toutes et tous en ont pâti. Le SNUipp-FSU a répété son exigence que chaque personnel promouvable soit averti de sa promotion ou de sa non-promotion.
Pour l’instant, les collègues non-promu-es ne recevront pas de mails mais devront aller vérifier sur le tableau d’avancement lorsqu’il sera rendu public (sur le site internet de l’Académie ou boulevard d’Indochine directement). Le SNUipp-FSU a aussi redit son exigence que chaque personnel promouvable ait connaissance de son propre barème ainsi que le barème du-de la dernier-e promu-e. Cette information est essentielle afin de pouvoir se projeter sur sa future promotion et donc sur sa hausse de salaire !

Organisation des 18h l’an prochain : faites valoir vos droits à 9h de réunion d’information syndicale !

Le SNUipp-FSU Paris s’est indigné du fait que des écoles ont déjà reçu des demandes d’IEN quant à l’organisation des 18h d’animations pédagogiques, alors même que l’organisation académique pour les 18h ne semble pas définitive pour l’an prochain. D’après l’Académie, les IEN ont été informé-es puis il y aura une présentation aux CPC et aux PEMF. Pour le SNUipp-FSU Paris, ce n’est pas une présentation qu’il faudrait mais bien une concertation avec les CPC.
Les IEN présenteront les différentes maquettes et interrogeront les équipes sur leurs besoins au mois de septembre avec un dialogue entre l’équipe et la circonscription. Les décisions seront arrêtées à la fin du mois de septembre avec un démarrage des formations prévu pour la deuxième période.

L’Académie est fière de pouvoir indiquer qu’elle prend en compte les besoins des équipes. Mais concrètement, elle est incapable d’indiquer ce que cela représente. Pour le SNUipp-FSU Paris, prendre en compte les besoins des équipes en formation commence par leur laisser les 18h à disposition et la possibilité de choisir de vrais domaines de travail en lien avec la recherche et un apport extérieur. La possibilité aussi pour toutes les équipes qui le souhaiteraient de participer à un FIL sur l’intégralité des 18h (avant bien sûr de reconquérir notre droit à formation continue sur temps de classe !).

D’après ce qui a été dit au CTA, l’organisation des formations serait la suivante :
- soit 6h de maths, 6h de français et 6h dans un autre domaine (à choisir sur GAÏA)
- soit 18h pour un projet spécifique pour l’ensemble de l’équipe sur un sujet : écoles bilingues, écoles innovation maternelle, sciences
- soit 18h de constellations et deux jours de classe remplacés (d’après l’Académie, les écoles concernées sont déjà informées).
L’Académie a rappelé que le sujet d’étude de la constellation devait être défini par les personnels de la constellation.

Concernant les constellations, le SNUipp-FSU Paris a rappelé les difficultés qu’avaient rencontrées de nombreux-euses collègues en cette première année de mise en place. L’Académie a reconnu qu’il n’était pas évident de faire classe devant ses collègues ou d’ouvrir sa classe. Elle a indiqué que l’ensemble des CPC avaient travaillé avec l’Ifé (institut français de l’éducation) pour se former sur la question de l’accompagnement de nouvelles pratiques. Après demande du SNUipp-FSU Paris, elle a indiqué que l’observation croisée n’était pas obligatoire et qu’il existait d’autres manières de parler de son travail et de celui des élèves.

Continuum de formation : le SNUipp-FSU revendique une véritable formation pour les collègues en début de carrière !

Néotitulaires
Les collègues T1 auront bien 18h d’animations pédagogiques spécifiques. Il est prévu de les regrouper par circonscription, voire par cycle : 3h en français et 3h en mathématiques sont imposées. L’inscription est à effectuer sur Gaïa. Un module commun de 6h sur le « développement de l’enfant et capacités d’apprentissage » est également proposé. L’inscription sera automatique via M@gistère. Un module disciplinaire de 6h proposant 8 thèmes (EMC, histoire, langues, arts…) à choisir clôture la formation des T1. L’inscription sera individuelle et se fera via la boîte professionnelle.
Il n’y aura pas de formation spécifique à destination des T2. Pourtant la formation initiale envisagée par l’Académie elle-même devrait s’inscrire dans un continuum de 3 ans (PES-T1-T2) puisque les CPC visitent encore deux fois dans l’année les collègues T2.

PES
Les collègues PES à temps plein en classe issu-es d’un M2 SOPA en 2021-2022 auront 12 jours de formation dans l’année à l’INSPE. Les PES issu-es d’un M2 Alternance auront 10 jours de formation dans l’année à l’INSPE. Alors que le Ministère prévoyait entre 10 et 20 jours de formation à l’INSPE pour les PES à temps plein en classe, l’Académie fait le choix de ne pas organiser cette formation en jours mais en heures. Pour 10 jours de formation, l’Académie compte plutôt 60 heures :
- 6 jours (36h) à la place des APC
- 3 jours (18h) à la place des animations pédagogiques
- 1 jour (6h) sur temps de classe
C’est inadmissible ! Le temps de formation déjà réduit à peau de chagrin pour les futur-es PES (passant de 14 semaines à une dizaine de jours !) ne doit pas avoir lieu hors temps de classe. Le SNUipp-FSU a une fois de plus dénoncer le déficit du nombre de remplaçant-es dans l’Académie, qui impacte l’ensemble du Plan de formation. Les PES issu-es du M2 SOPA auront donc 3 journées de formation sur les 12 remplacées. Les PES issu-es du M2 Alternance auront 1 journée de formation sur les 10 remplacée.
Le SNUipp-FSU a déploré ce temps de formation hors temps scolaire, ce qui alourdit d’autant plus l’année de stage des collègues débutants à temps plein. Le SNUipp-FSU a rappelé sa volonté d’une formation initiale de qualité : deux ans en tant que stagiaire fonctionnaire en stage d’observation en M1 et M2 et un mi-temps en responsabilité de classe l’année de T1.


Faisant un pas de plus dans l’idéologie de la loi Rilhac, l’Académie a également rappelé que les directeur-trices avaient la pleine responsabilité des 108h et donc des 18h des professeur-es de l’école. Cependant, elle a été bien incapable de répondre sur ce que cela engendrait comme responsabilité. Le SNUipp-FSU Paris continue de se battre contre cette loi et ses décrets qui risquent de paraître au fil de l’eau mettant à mal le fonctionnement des écoles et surchargeant inutilement les tâches des directeur-trices.

Les écoles à projet spécifique bénéficieront en plus d’un jour de formation remplacé sur temps de classe. Le SNUipp-FSU Paris salue un retour de la formation continue sur temps de classe pour l’ensemble de l’équipe mais s’indigne que ce droit soit attribué à une minorité triée sur le volet. Auparavant, les écoles pouvaient s’engager dans des projets spécifiques en rédigeant un projet à destination de la CARDIE. Il existait aussi des appels à projet !
Entre-temps l’idéologie de Blanquer est passée par là et les quelques écoles qui ont bénéficié d’un poste à profil lors du mouvement ont été sélectionnées sans jamais expliciter les critères aux représentant-es du personnel et donc à l’ensemble des écoles.

Plan académique de formation : bienvenue dans la start-up nation du bien-être !

En février 2022, le Ministère a fait publier une circulaire sur la mise en place des EAFC (Ecoles académiques de la formation continue) en lieu et place des DAFOR. Ce n’est pas seulement un changement de nom, c’est une lame de fond idéologique - avec le lexique associé ! - sur ce que le Ministère entend par formation continue, et plus généralement sur sa vision de l’École.

Le SNUipp-FSU Paris dénonce la création de ces écoles où la place des représentant-es des personnels n’est pas prévue. Ces écoles témoignent de la volonté d’éloigner la conception de la formation des problématiques et besoins du terrain. La mise en place de cette école dans l’académie a de fait entraîné la disparition des conseils départementaux de formation (CDF).
Pour rappel, les CDF qui se réunissaient 2 à 3 fois par an, traitaient de la formation initiale et des questions concernant les stagiaires, les PEMF, le continuum de formation T1-T2, la formation CAPPEI, les stages MIN ASH, la formation continue (dont les 18h d’animations pédagogiques) et la formation à la direction d’école.

Le SNUipp-FSU Paris exigera que l’Académie réunisse des conseils académiques de formation spécifiques au premier degré. D’ici-là, la direction de l’Académie doit reconnaître qu’elle travaille seule comme l’a prouvé la présentation de la maquette du PAF (plan académique de formation) lors du CTA du 28 juin.

D’après la circulaire nationale de février 2022, il faudrait que soit organisé le recueil annuel des demandes de formation des agent-es et des équipes.
Cependant, d’après le plan qui a été présenté aux représentant-es du personnel lors du CTA, rien n’a été fait ! Ce plan a été écrit par l’Académie elle-même sans consulter les représentant-es du personnel.

Comment penser que des enseignant-es ont exprimé le besoin d’être formé-es aux « softskills » ? Ou à un « management plus collaboratif » ? Alors que les décrets d’application de la loi Rilhac ne sont pas encore parus, dans les projets de l’Académie, les directeur-trices sont systématiquement associé-es dans le PAF aux personnels de direction, IEN et administratifs du rectorat.
Les directeur-trices parisien-nes ne sont pas des managers qui auraient besoin de « management plus collaboratif », de passer en « mode projet », ou de travailler sur le « développement des potentiels » !

Il existe déjà un référentiel pour les professeur-es des écoles, on n’y trouve pas « l’esprit d’entreprise » ni « collaboration, intelligence collective et leadership » - présentées comme des « compétences du 21e siècle » dans ce catalogue - pas plus qu’on ne lit les mots de « process » ou de « coach ».
Le SNUipp-FSU Paris s’inquiète de l’avenir de l’Éducation nationale en lisant à chaque page les mots du management.

Les concepts fumeux plutôt que les contenus disciplinaires

Au delà du vocabulaire complètement étranger à celui de l’Éducation nationale jusqu’à maintenant, le SNUipp-FSU Paris s’inquiète que les formations aux contenus disciplinaires soient inexistantes. Ce PAF ne prévoit pas de formations à des contenus disciplinaires comme la géographie ou les sciences. Impossible de se former aux spécificités de la maternelle, à la gestion de classe. Le mot EPS n’existe plus, il lui est préféré « comment améliorer la santé et le bien-être des élèves grâce à l’activité physique »...

On trouve en revanche des formations répondant à un intitulé « justice sociale » : quel cynisme de la part de l’Institution alors que le Ministre a laissé une école exsangue et qui s’éloigne chaque jour un peu plus d’un projet d’une école émancipatrice, de la réussite de toutes et tous et assurant de bonnes conditions de travail aux personnels.
Il est indigne de parler de justice sociale alors que des élèves ont perdu tant de jours de classe.

Le SNUipp-FSU Paris dénonce le mélange des genres comme « une formation au bien-être des élèves » avec le périscolaire.
L’Académie a même le culot de proposer une formation « Quel levier pour répondre à ses envies d’évolution et de mobilité professionnelles ? » alors même que les possibilités de mutations et d’évolution sont inexistantes. Le SNUipp-FSU Paris exige un réel respect envers les personnels.

La campagne d’inscription au PAF devrait avoir lieu en septembre/octobre. L’Académie devrait commencer par respecter les droits à formation des personnels : à commencer déjà par indiquer à quel moment auront lieux ces formations. Le SNUipp-FSU Paris rappelle sa revendication d’une formation professionnelle sur temps de travail, remplacée et fondée sur les besoins des personnels !

Voici un chantier de taille pour l’an prochain : reconquérons nos droits à formation et aux choix de la formation que nous voulons.


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