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Les enseignants parisiens passage en revue de quelques caractéristiques

publié le 16 avril 2012

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A la rentrée 2011, le nombre d’enseignants parisiens du premier degré s’élevait à 9057. Le corps des instituteurs est en voie de quasi extinction avec 371 collègues qui n’ont toujours pas fait le choix d’intégrer le corps des professeurs des écoles.

Une profession « relativement » jeune

Avec 43,21 % de moins de 40 ans, les enseignants du premier degré parisien sont relativement jeunes. C’est d’autant plus vrai si on les compare avec les enseignants du secondaire (30,2 %). On constate que 33,78 % des enseignants des écoles ont 50 ans ou plus alors que c’est le cas pour près d’un enseignant sur deux (42,2 %) dans le second degré. Par contre cette tranche d’âge est plus nombreuse à Paris que nationalement où les plus de 50 ans représente 21,2 %. De même, la moyenne d’âge (41,9 ans) est la plus élevée de France après la Corse. Il est à noter que dans une profession qui historiquement bénéficiait de la retraite à 55 ans, 4,09 % des enseignants sont encore en activité au delà de 60 ans. Ce sont en très grande majorité des femmes. Le fait d’avoir dû s’arrêter de travailler pour suivre un conjoint, élever des enfants ou s’occuper d’un ascendant malade explique sans doute cela. Les réformes des retraites de 2003 et 2010, en augmentant le nombre d’annuités exigées pour bénéficier d’une retraite à taux plein et pénalisant les salariés partant à la retraite sans avoir atteint ce nombre d’annuités, ont certainement contribué à aggraver ce mouvement.

Pyramide des âges des enseignants parisiens



Une profession très féminisée

Avec 7561 femmes pour 1486 hommes, les enseignants des écoles forment une profession très féminisée. La proportion de femmes est de 83,48 %. Elle est légèrement supérieure à la proportion nationale de 81,7%. Cette forte féminisation est encore plus criante si on la compare avec la situation du second degré. Chez nos collègues du secondaire, 59,5 % des enseignants sont des femmes. La très grande féminisation chez les enseignants du primaire n’est pas près de se réduire. En effet, chez les moins de 30 ans, la proportion de femmes atteint quasiment 90 %.

Des fonctions exercées plus féminisées que d’autres

La très grande majorité des enseignants sont adjoints. Cela est normal car l’essentiel de notre mission relève de l’enseignement. Mais à côté de cette mission primordiale existent d’autres missions qui contribuent à son bon fonctionnement telles que la direction, le remplacement, les aides spécialisées, le conseil et la formation. Ces autres fonctions constituent ainsi des voies de diversification. Il est intéressant d’observer la répartition entre les femmes et les hommes au sein de ces différentes missions. Si la proportion hommes/femmes dans l’ensemble de la profession (16,52 %/83,48 %) est à peu près respectée chez les adjoints en élémentaire et dans l’ASH, il n’en va pas de même ailleurs. Les hommes semblent « bouder » la maternelle. Ils ne sont que 7 % à y exercer. Par contre ils sont plus nombreux que la moyenne à exercer des missions de direction (35,34 %), d’animation- formation (32,67 %) et de remplacement (25,75 %).

Temps partiel en hausse mais limité à certaines quotités

Nationalement, 11,6 % des enseignants travaillent à temps partiel et ce taux global est en forte hausse depuis les 9,2 % de 2006. A Paris, le nombre d’enseignants à temps partiel est encore plus élevé avec 13,8 %.
A l’échelle du pays, depuis 2006, la quotité de mi-temps a diminué fortement au profit des 75% et 80 %. Cette dernière quotité a régressé fortement depuis 2009 de 21,3 % à 12 % alors que c’est la première quotité choisie dans le second degré avec 54%. Cela est lié aux « interdictions  » arbitraires de cette quotité par les Dasen dans les départements.
A Paris où la quotité de 80% n’a jamais encore été accordée par l’académie, les temps partiels se répartissent uniquement entre le mi-temps (47,8 %) et le 75% (52,2 %). Le SNUipp-FSU Paris est en train d’engager des recours individuels d’enseignants à qui l’académie a refusé cette modalité de temps partiel.

Une formation continue exsangue

Le potentiel de formation parisien a subi une baisse drastique de près de 40 %. En 2005/2006, l’académie comptait 21 657 journées stagiaires contre seulement 13 624 en 2010/2011.

Un salaire moyen en net recul sur l’inflation

Depuis 2006, le salaire moyen a augmenté de l’indice 498 à l’indice 518, tandis que le salaire médian est resté identique à l’indice 495. Cela est dû à la légère revalorisation des premiers échelons de la grille indiciaire qui fait augmenter le premier décile de 15 points à 431 points, le dernier décile restant inchangé à 612 points. Pour cette même période, où le salaire moyen a donc augmenté de 4 %, l’inflation s’établit à près de 10 %...

Ecart salarial conséquent entre les femmes et les hommes

Les femmes enseignantes du premier degré ont un indice moyen de 511 contre 540 pour les hommes. Depuis 2006, cet écart reste stable dans le premier degré en passant de 30 à 29 points.
Cet écart augmente au fil de la carrière. Les différences de salaires hommes/femmes n’existent pas pour les enseignants de moins de 30 ans, mais sont de 17 points pour les 30-49 ans et de 38 points pour les plus de 50 ans. Les interruptions de carrières, avec notamment les congés parentaux qui comptent pour moitié dans l’AGS, peuvent expliquer une partie de ces différences.

Un accès inégal à la hors-classe

Sur un total de 8686 professeurs des écoles, 315 sont à la hors classe contre 270 l’an passé. Cela représente une proportion de 3,63 %. Même si ce taux est en légère augmentation par rapport à celui de l’année passée (3,04 %), cela reste scandaleusement insignifiant. L’accès à la hors classe est si difficile qu’il a bien du mal à représenter un moyen de promotion censé récompenser le mérite de chacun (cf l’article ci-contre sur la notation). D’autant plus qu’il est inégalement réparti selon les différentes catégories d’enseignants. Les adjoints sont les grands perdants de la course au mérite. Parmi les collègues à la hors classe, 129 (41 %) assurent des fonction de direction, 69 (22 %) exercent dans l’ASH et 86 sont des adjoints (27,3 %). On retrouve également l’écart entre les hommes et les femmes, qui ne représentent que 76,8% des enseignants hors-classe alors qu’elles représentent 83,48% de l’ensemble des enseignants.

C’est parce que la hors classe, apparue avec la création du corps des professeurs des écoles, est profondément inégalitaire et ne correspond pas à l’esprit qui prévalait dans notre profession que le SNUipp revendique sa suppression et son intégration dans l’échelle de rémunération.

Fonctions exercées par les PE hors classe


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