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Conseil de formation du 15 juin 2017 Formation initiale et continue, 18h d’animations pédagogiques

publié le 16 juin 2017

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Le conseil de formation est la réunion de l’académie, de l’ESPE, de représentant-es personnels, de formateurs-trices du 1er degré… Le dernier conseil de formation de l’année s’est réuni le 15 juin. Le SNUipp-FSU considère la formation professionnelle comme un droit des personnels et un levier majeur de la transformation de l’école, ses représentant-es participent donc activement à ces réunions.

Un plan de formation continue 2017-2018 qui manque d’ambition

Pour le SNUipp-FSU, les différents dispositifs (stages au PAF, animations pédagogiques, stages écoles …) doivent former un tout cohérent, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. La formation doit être orientée sous trois axes complémentaires : l’adaptation aux évolutions du système (instauration de nouveaux programmes par exemple), l’occasion offerte aux collègues de réfléchir sur leurs gestes professionnels, la réflexion didactique avec l’ouverture sur la recherche. Par ailleurs, pour notre syndicat, les stages de formation continue doivent avoir lieu sur temps scolaire. Les postes de brigade formation continue doivent donc être recréés en nombre afin de permettre l’augmentation des départs en stage sur ce temps.

Sur le plan de formation de l’année prochaine, après avoir dénoncé la faiblesse du nombre de stages de formation continue, le SNUipp-FSU a relevé les manques quant au contenu du plan de formation. La dimension didactique de la formation continue est de plus en plus négligée. Par ailleurs, la durée des stages se raccourcit : ils sont limités à quelques journées au plus. Enfin, le rectorat continue d’augmenter le nombre de stages à public désigné, ce qui limite les possibilités de choix des collègues.

L’académie a présenté quelques orientations nouvelles :

- A partir de 2018, retrait progressif des actions ponctuelles au profit de parcours, si possible hybrides. Le SNUipp-FSU a de nouveau insisté sur le fait que la formation à distance n’avait pas à se substituer à la formation en présentiel.

- Introduction d’une double campagne d’inscription au PAF. Les stages qui n’auraient pas été demandés par les collègues ou dans lesquels il resterait des places seraient proposés aux jeunes collègues.

Recherche de Paris 5 sur les besoins des enseignant-es en formation continue

Le SNUipp-FSU avait interpellé l’académie à de nombreuses reprises sur les suites du travail de recherche mené avec l’université Paris V sur les besoins de formation des enseignant-es parisien-nes. Cette recherche avait été lancée il y a quelques années à la demande notamment du SNUipp-FSU. Un questionnaire préalable a été envoyé aux enseignant-es parisien-nes il y a deux ans. Ce questionnaire portait sur leurs expériences passées de formation et sur leurs suggestions sur des évolutions possibles. L’équipe de recherche a présenté les résultats de cette enquête à laquelle 617 collègues ont répondu. Cet échantillon est représentatif uniquement d’un point de vue quantitatif.
Le SNUipp-FSU produira un compte-rendu complet des résultats à la rentrée prochaine.

18h d’animations pédagogiques : reconnaître la liberté et la professionnalité des enseignant-es !

Le SNUipp-FSU a de nouveau porté ses revendications concernant les 18h d’animations pédagogiques :

- Augmentation significative de la diversité de l’offre de formation, tant du point de vue de leur nombre que de leur contenu ou des intervenant-es. L’académie se doit d’assurer l’égalité de traitement entre les collègues des diverses circonscriptions.

- Liberté des enseignant-es : les enseignant-es doivent pouvoir choisir les formations en fonction de leurs besoins et de leurs envies. Aucune formation ne peut leur être imposée. Par ailleurs, ils doivent pouvoir choisir des formations en dehors de celles prévues par la circonscription, formations validées par l’IEN. Sur ce dernier point, l’académie a encore refusé de trancher...

- Mutualisation des ressources : les équipes de circonscription, notamment les CPC doivent prendre en charge de plus en plus de tâches. Le SNUipp-FSU a insisté pour qu’une meilleure mutualisation des offres soit instituée afin de décharger nos collègues sans diminuer l’offre de formation au sein de l’académie. L’IEN adjoint a indiqué que l’académie essayait d’impulser cette démarche.

Magistere, le SNUipp-FSU a dénoncé une nouvelle fois le contenu d’un grand nombre de « formations proposées » et a rappelé que les formations distancielles ne doivent pas se substituer aux formations présentielles.

L’académie a indiqué que l’an prochain, 6h des animations pédagogiques de chaque circonscription seraient consacrées aux mathématiques. Trois heures seront organisées en regroupement en présentiel (deux fois 1h30) et trois heures via Magistere.

Formation initiale : une entrée dans le métier qui doit être plus progressive

Si la réforme de la formation initiale menée par le gouvernement précédent a permis le retour d’une formation, celle-ci n’est pas suffisante. Une année pour préparer un Master, préparer sa classe et sa titularisation est intenable. Notre syndicat continue donc de revendiquer une entrée plus progressive dans le métier.
Grâce à l’intervention du SNUipp-FSU dans les groupes de travail ou en audience, des avancées concrètes ont pu être actées. L’ESPE semble avoir enfin pris la mesure de la charge de travail qui pèse sur les stagiaires et de la demande forte d’accompagnement en classe. Le volet pratique de l’alternance est donc en phase d’amélioration, le volet plus théorique quant à lui devra encore être amélioré. Dans les instances où nous intervenons, nous portons les revendications des stagiaires sur le contenu des cours dispensés à l’ESPE. Le master est divisé en plusieurs unités d’enseignement (UE) :

- Deux UE plutôt disciplinaires pour lesquelles les stagiaires demandent que les contenus soient plus didactiques, adaptés à leur stage en classe.

- Une UE portant sur le stage dans laquelle est organisée le tutorat. Ce tutorat est en théorie mixte : composé des tuteurs-trices ESPE et terrain (PEMF). Toutefois pour des questions d’emploi du temps la présence des deux tuteurs-trices n’a pas toujours été effective cette année. Le SNUipp-FSU veillera à une mise en place plus efficace dès la rentrée prochaine.

- Enfin, depuis la mise en place des ESPE en 2013, le gros point noir de la formation initiale est le Tronc Commun de formation associant les formations des enseignant-es des premier et second degrés. Le SNUipp-FSU considère qu’il est important de réunir et de faire travailler ensemble les enseignant-es de plusieurs degrés. Cependant, malgré des améliorations suite au mécontentement des stagiaires des années précédentes, ces cours restent ceux qui sont le moins plébiscités. Des problématiques majeures sont abordées (inclusion, sociologie…) mais le format en grand groupe et le peu d’heures dédiées se prêtent mal à la réflexion et font de ce module un fourre-tout dont les stagiaires se désinvestissent. Il y a donc encore du travail en la matière.

D’un point de vue plus global, le SNUipp-FSU dénonce un manque d’heures de formation initiale : une année de formation initiale à mi-temps n’est pas suffisante pour former les enseignant-es. Les contraintes budgétaires, horaires et humaines ne doivent pas altérer la qualité de la formation. L’ESPE doit poursuivre l’effort d’amélioration. La mise en place d’un conseil de perfectionnement et les enquêtes menées auprès des stagiaires vont dans ce sens. Le SNUipp-FSU continuera à porter les revendications des stagiaires dans les différents conseils par le biais de ses élu-es.

Alternance 3 semaines / 3 semaines : généralisation à surveiller pour 2017-2018

La généralisation à l’alternance 3 semaines / 3 semaines est actée sauf pour les stagiaires renouvellés ou prolongés. À la rentrée de septembre 2017, tous les stagiaires (environ 350) devraient être placé-es en binôme sur des postes qui leur ont été réservés au mouvement. Le SNUipp-FSU tire un bilan plutôt positif de cette formule installée cette année :

- A l’ESPE, les formateurs-trices, comme les stagiaires, notent une plus grande disponibilité dans les cours. Le fait de ne pas avoir à prendre la classe le lendemain d’une journée de cours permet aux stagiaires de se concentrer pleinement sur les contenus étudiés en formation et prendre du recul par rapport à leurs pratiques.

- Les périodes de tuilage entre les deux stagiaires en début et fin de période de stage, que les futur-es stagiaires et le SNUipp-FSU avaient demandées ont été mises en place par l’ESPE et ont permis aux binômes de stagiaires d’ajuster au mieux les séquences d’apprentissages.

- En classe, les stagiaires se sentent responsables de tous les aspects du métier : conduite des apprentissages et gestion administrative, alors que leurs collègues en alternance 2,5 jours avaient la possibilité de s’appuyer sur le / la titulaire de la classe. Pour pouvoir réussir la mise en route de la classe, il est indispensable d’y être préparé. L’ESPE a pris en compte la demande des stagiaires et du SNUipp-FSU de soutenir les stagiaires dans la mise en place en début d’année par l’organisation d’une visite d’installation dès les premières semaines de septembre.

Un rôle des formateurs-trices du 1er degré à reconnaître plus fortement

Le SNUipp-FSU a de nouveau demandé à ce qu’un point soit fait sur la charge de travail des PEMF et qu’une meilleure répartition des différentes missions soit mise en place : APP, participation au stage de pré-rentrée, mission d’examinateur dans les différents jurys…
Par ailleurs, les directeurs-trices d’école d’application doivent être mieux inclu-es dans la formation initiale des stagiaires.
Notre syndicat a également demandé à ce que des espaces de travail entre les différents formateurs-trices (CPC, DEA et PEMF) soient remis en place. La rédaction de documents communs à toutes et tous, la proposition de clarification des attentes des évaluations des enseignant-es… sont également indispensables. Par ailleurs, les PEMF isolé-es doivent être rattaché-es à une école d’application pour faciliter la circulation de l’information et leur permettre d’échanger sur leurs pratiques.

Formation continuée en T1 – T2 : premières réponses aux revendications du SNUipp-FSU

Preuve s’il en était besoin, que l’académie aussi constate le manque de formation initiale, elle mettra en place des formations continuées pour les T1 dès la rentrée 2017 et les T2 en 2018.
Les revendications du SNUipp-FSU sur ce continuum ont enfin été entendues, mais seulement à moitié. Nous revendiquons un retour en formation sur temps scolaire mais faute de postes de remplaçant-es, celui-ci aura lieu sur les heures d’animations pédagogiques.
En T1, 12h (sur les 18h obligatoires) seront mises en œuvre par l’académie pour des formations hybrides (en présentiel et sur magistère) au choix parmi 7 parcours sur des thématiques transversales : connaître et améliorer les pratiques inclusives ; mieux gérer sa classe et instaurer un climat scolaire serein ; enseigner dans des milieux multiculturels ; améliorer et diversifier les pratiques d’évaluation ; différencier son enseignement et accompagner individuellement les élèves ; enseigner à l’école maternelle ; enseigner avec le numérique.
A partir de 2018, en T2, ce seront seulement 9h au choix parmi des parcours d’approfondissement disciplinaire. Pour le choix de ces parcours, l’académie s’inspire au plus près du PPCR et à la volonté de placer des rendez-vous de carrière et d’individualiser les parcours de formation puisque pour le choix des 12h les T1 seront reçu-es en entretien individuel avec l’IEN ou le / la CPC courant septembre. A la fin de l’année de T2, la traditionnelle inspection sera remplacée par une visite de l’IEN pour effectuer le bilan des trois premières années d’exercice et de formation. Le SNUipp-FSU sera vigilant quant à la forme et au contenu de ce bilan.


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