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Le Conseil d’orientation des retraites (COR) envisage la baisse du niveau de vie des retraités ces prochaines années Lire le rapport du COR et l’intervention des retraité-es au conseil national du SNUipp-FSU des 12 et 13 janvier 2021

publié le 22 janvier 2021

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Lire le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR) sur le panorama des systèmes de retraite en France et à l’étranger en cliquant sur ce lien.

Intervention de Deny Nonnet, au nom des retraité-es syndiqué-es au Conseil National du SNUipp/FSU du 12 et 13 janvier 2021

"Comme l’habitude en a été prise, j’interviens en ce début de débat général au nom des retraité-es du syndicat.

Un an après le début de la pandémie, en ce début d’année que nous souhaitons à toutes et tous la plus heureuse possible, où en sont les retraité-es et leur syndicalisme ?
Ce syndicalisme que nous construisons en lien avec les actifs, les jeunes et le monde du travail dont nous faisons partie.

Depuis un an, les retraité-es ont leur part de souffrance et de difficultés, accrues par les restrictions liées aux mesures de confinements, ce qui accentue leur sentiment et souvent la réalité de leur isolement. Ils sont directement concernés par 3 questions en cette période : la santé et l’avenir de la protection sociale, le pouvoir d’achat, leur place dans la société.

S’agissant de la santé et de la protection sociale :
C’est une évidence, la population âgée de plus 65 à 70 ans et surtout celle des plus de 85 ans, majoritairement en EPHAD, paye un lourd tribu en terme de mortalité à cette pandémie, évidence qu’il faut nuancer du fait de la proportion relative de celles et ceux en perte d’autonomie (- de 4,5 % des 17 millions de retraité-es).
Cependant, cette crise sanitaire a révélé et continue de révéler bien des carences, après les masques, les manques de matériels et de personnels, c’est maintenant la gestion de la campagne de vaccination qui renforce les inquiétudes et illustre l’incurie du gouvernement.
Au delà, nous devons être particulièrement sensibles aux mesures qui visent peu à peu à la poursuite de la déconstruction de l’architecture de la Sécu et aux dérives de la mutualité qui l’accompagnent.

Trois exemples non exhaustifs à ce sujet :

- le maintien dans la prochaine loi de finance de la Sécurité Sociale (SS) de 4 milliards d’économie à réaliser sur les dépenses de santé et le transfert sur la Sécu de 136 milliards de dette qui seront donc payés essentiellement par les seuls salarié-es et retraité-es,
- la création d’une 5ème branche de la SS pour couvrir le risque de la perte d’autonomie qui pourrait selon le rapport Vachey ouvrir en grand les portes du financement aux acteurs privés
- le sujet brûlant du financement de la complémentaire santé, prise en charge partiellement par l’employeur, mesure qui peut paraître attrayante mais qui peut exclure certaines catégories (précaires, famille, retraité-es) et servir de variable d’ajustement de la politique salariale. Cela surtout réduit la place de la SS et repousse un peu plus loin la revendication d’une couverture à 100% par la SS.

Sur toutes ces questions nous en appelons à une réflexion et à un travail commun actifs/retraités beaucoup plus intenses dans le syndicat et la fédération.

Concernant, le pouvoir d’achat des pensions :
Cela n’était pas acquis mais les nombreuses mobilisations des retraité-es, dans plus de 70 départements, encore le 17 novembre dernier, ont permis que les pensions de retraites soient revalorisées à hauteur de l’inflation soit de 0,4% mettant ainsi un coup d’arrêt au dogme du gel des pensions.
Pour autant, nous sommes encore loin de l’indexation des pensions sur l’évolution du salaire moyen et du rattrapage des pertes subies ces dernières années Un rappel : de 2008 à 2019, les prix hors tabac ont augmenté (INSEE) de 12,93% et les pensions de 8,6%
Les perspectives battent en brèches les statistiques présentant le niveau de vie des retraité-es comme élevé, voir supérieur à celui de l’ensemble de la population

Le croisement des données récentes de la DREES, du COR et l’examen du revenu moyen des ménages indiquent au contraire une baisse des pensions et une baisse du niveau de vie d’un quart pour les personnes qui sont et qui vont être en retraite.

Ces deux questions centrales renvoient à celle de la place des retraité-es dans la société ;
Faut-il ajouter à la peur du virus et aux effets destructeurs de l’isolement, la peur de voir se réduire leurs moyens d’existences ?
Faut-il accepter les campagnes systématiques opposant retraité-es et actifs pour les conduire à de nouveaux sacrifices, sacrifices qui seraient aussi "l’horizon" des futur-es actif-ves. Avenir inacceptable d’autant que rien n’est toujours demandé aux "premiers de cordée".

Particulièrement sensibles à ces trois questions, les retraité-es sont aussi solidaires des actif-ves sur l’avenir de l’école, partie prenante des réflexions sur la laïcité et vigilant-es sur les évolutions des droits et des libertés.

Cette solidarité de principe et d’intérêts nous la mettrons en œuvre dès le 26 janvier en participant aux initiatives locales de rassemblement autour du plan d’urgence pour l’école, comme nous serons présent-es le 4 février dans les actions décidées dans le cadre interprofessionnel.
Nous utiliserons aussi cette période pour renforcer la campagne de signature de la pétition unitaire sur les thèmes du pouvoir d’achat, de l’accès aux soins, de la prise en charge de la perte d’autonomie, pétition qui à déjà reçu plus de 43 000 signatures.
Dans ce cadre unitaire du groupe des neuf, une nouvelle initiative nationale est prévue en mars."


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