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La lutte contre l’extrême-droite Un combat syndical

publié le 31 mars 2017

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« Je n’ai rien contre les étrangers, mais je leur dis : si vous venez dans notre pays, ne vous attendez pas à être pris en charge, à être soignés, que vos enfants soient éduqués gratuitement. Maintenant, c’est terminé, c’est la fin de la récréation ! » (Marine Le Pen citée par Le Monde du 10 décembre 2016).

La remise en cause de l’école pour tous

Cette déclaration rappelle le caractère xénophobe de la campagne de Marine Le Pen malgré sa volonté de rendre celle-ci plus présentable. La préférence ou la priorité nationale reste un véritable axe de campagne du Front National quitte à faire des déclarations anticonstitutionnelles. Ce n’est pas une nouveauté, la candidate d’extrême droite n’avait pas dit autre chose lors de son voyage à la Réunion le 29 novembre dernier. "L’école est obligée de prendre en charge une immigration de plus en plus importante", expliquait-elle, assurant vouloir "appliquer la priorité nationale au système scolaire". Cette proposition ne figurait pas dans le volet "école" de son programme de 2012.
En France, l’éducation est gratuite et obligatoire pour toutes et tous et c’est un droit fondamental défendu par le SNUipp et la FSU. La circulaire ministérielle du 6 juin 1991 avec un rappel dans les texte de 2012 rappelle "qu’aucune discrimination ne peut être faite. Tous les enfants, quelle que soit leur situation, doivent pouvoir accéder au service public de l’éducation." C’est un principe d’égalité qui est affirmé dans le préambule de la Constitution de 1946 repris par celui de la Constitution de 1958.

Le collectif Racine à l’assaut de l’Education Nationale

Le collectif Racine créé par des enseignant-es pour réfléchir à l’Education Nationale a présenté cet hiver ses cent propositions pour l’école afin d’alimenter les programmes du FN. Ce collectif connaît le milieu enseignant, les difficultés professionnelles, les réformes perçues comme injustes ou illégitimes. Il présente ainsi quelques propositions qui peuvent trouver de l’écho chez nos collègues, comme la suppression de la réforme des rythmes, ou la revalorisation de nos salaires. Il use de séduction, mettant en avant les « compétences et [le] dévouement » des enseignant-es. Toutefois, pas question de se faire berner !
On se rend d’ailleurs vite compte que tout le monde n’a pas la même importance au sein de leurs propositions. Les revendications corporatistes s’adressent plus spécialement à la figure « du directeur d’école primaire », auquel sont consacrés pas moins de cinq articles. Quant aux syndicats enseignants, ils ne doivent pas « prétendre, et en aucune façon, influer sur les orientations et pratiques pédagogiques, ni soutenir des positionnements idéologiques » au nom du principe de neutralité ! Les activités syndicales se trouveraient donc bien limitées ! On sait aussi que ce qui est qualifié ici « d’idéologique » dans le logiciel d’extrême-droite, c’est la lutte contre les discriminations (racistes, sexistes, homophobes) et l’éducation à l’égalité.

Une école du tri social

A travers ces propositions, on peut ainsi remarquer qu’est entretenue une méfiance certaine envers les étrangers ou les élèves d’origine étrangère : la suppression du dispositif ELCO, le contrôle des étudiants étrangers qui voient leur droit au redoublement restreint.

La violence du tri social est au cœur du projet du collectif Racine. En ce qui concerne les contenus d’enseignement, le caractère passéiste et réactionnaire des propositions apparaît de façon flagrante. Dès la proposition 4, il est dit que la méthode syllabique doit être « la seule méthode reconnue comme norme pour l’apprentissage de la lecture  », ce qui va à l’encontre de la recherche et de la liberté pédagogique. La formation doit être revue dans une optique d’apprentissage disciplinaire au mépris des sciences de l’éducation … ! Une analyse complète est disponible sur le site national du SNUipp-FSU.

Pour nous, enseignant-es, syndicalistes, ces régressions, ces attaques ne sont pas acceptables. Elles vont à l’encontre des valeurs que nous portons. La place de tous les enfants est à l’école. C’est pourquoi le SNUipp-FSU et la FSU ont signé l’appel de VISA (Vigilance et Initiative Syndicales Anti-fasciste) pour une intersyndicale forte et large à combattre ces idées et plus largement à réfléchir aux actions pour contrer ces attaques.

Pour plus d’informations http://www.visa-isa.org/


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