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Carte scolaire, école inclusive, crise sanitaire... Compte rendu du CTA du mardi 13 et du CDEN du 15 octobre 2020

publié le 16 octobre 2020

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Pour le SNUipp et la FSU, l’École a besoin d’un investissement massif : l’investissement par élève en France demeure de 30% inférieur aux pays qui réussissent le mieux et qui parviennent le mieux à gommer les impacts de l’origine sociale sur les résultats scolaires ! Malheureusement l’École ne va pas bénéficier du plan de relance du gouvernement !

Bilan de cette rentrée exceptionnelle : les analyses divergent

En préambule, le Recteur de l’Académie a indiqué qu’il fallait souligner la mobilisation collective qui avait permis de réussir cette rentrée exceptionnelle.
Le SNUipp-FSU a souligné quant à lui l’expertise professionnelle des enseignant-es et AESH et la nécessité d’une véritable reconnaissance de leur engagement ! La crise sanitaire a mis en évidence cette expertise : les équipes ont dû tout inventer puisque, contrairement à ce qu’affirmait le Ministre, rien n’était prêt.
Il en est de même aujourd’hui qu’il y a six mois. Le SNUipp-FSU s’est adressé à l’Académie à plusieurs reprises puisque la crise sanitaire ne justifie ni la précipitation, ni l’impréparation du Ministère, encore moins les pressions mises sur les écoles.

Crise sanitaire : rien n’est prêt mais tous-tes sont pressé-es

Les chiffres indiquent que les contaminations augmentent énormément, comme dans l’ensemble de la société. Ces chiffres élevés s’expliquent d’après l’Académie par le nombre d’élèves scolarisé-es et le nombre de personnels travaillant à Paris. Il n’y aurait pas de « critère alarmant » et pas plus de malades dans l’EN que dans d’autres secteurs.

Les personnels ne sont toujours pas rassurés sur la protection offerte par les masques en tissus fournis par l’Éducation nationale : la question de leur confort dans un métier où la voix est si primordiale n’est même pas évoquée, et on apprend maintenant que ceux-ci seraient nocifs.
De nombreux-euses collègues portent des masques chirurgicaux achetés par leurs propres moyens ou piochés dans les réserves de l’an dernier !
Le SNUipp-FSU a demandé solennellement à l’Académie de veiller à la santé et à la sécurité des personnels parisiens et de renouer le lien de confiance bien malmené entre l’Institution et les personnels.

En ce qui concerne le matériel spécifique aux AESH, les masques dits inclusifs vont enfin être livrés. Ils seront acheminés en priorité aux adultes accompagnant ou enseignant aux élèves malentendant-es. Des visières aussi ont été livrées.

Le SNUipp-FSU a tenu à rappeler son exigence sur le matériel spécifique à destination des AESH (lire le courrier intersyndical). L’Académie a indiqué qu’il était inadmissible que des AESH n’aient toujours pas de masque. Concernant le matériel spécifique, l’Académie indique que les professeur-es ressources ont fait le travail de recensement. Si un-e AESH demandait du matériel qui ne lui était pas fourni, il faut envoyer un mail à ce.ienash@ac-paris.fr en nous mettant en copie. L’Académie s’est engagée à étudier toutes les demandes envoyées à cette adresse.

Les enseignant-es déjeunant ensemble responsables de la pénurie de remplaçant-es dans l’Académie et de la perpétuation des inégalités scolaires ?

Le courrier envoyé par un certain nombre d’IEN concernant la pause déjeuner illustre une vision culpabilisatrice des enseignant-es en faisant reposer sur eux-elles la responsabilité de la situation sanitaire, du manque de remplaçant-es voire du creusement des inégalités scolaires !
Le SNUipp-FSU est intervenu fortement pour dénoncer ce courrier ressenti comme méprisant alors même que les mesures prises par l’Éducation nationale semblent bien dérisoires – notre employeur n’a par exemple pas anticipé la crise en recrutant des remplaçant-es.

Lorsque ce point a été soulevé en CTA, l’Académie a utilisé un ton complètement différent de celui utilisé dans le courriel envoyé aux écoles. Elle a indiqué qu’en effet, le temps de midi était un temps convivial ET un temps de travail et qu’il n’existait aucune injonction, consigne ou interdiction à son sujet.
Le SNUipp-FSU a exigé que cela soit rappelé à l’ensemble des IEN.

Plan de continuité pédagogique : qui ? quand ? quoi ? comment ?

L’Académie a indiqué qu’au vu des conditions sanitaires, la situation pourrait évoluer en passant à un accueil en demi-classe, en enseignement hybride ou dans la situation extrême le « tout-distanciel ».
Dans ce contexte de crise, les équipes sont amenées à produire des plans de continuité pédagogique alors même que le flou les entourant persiste et que les consignes sont très différentes d’une circonscription à l’autre.
Le SNUipp-FSU Paris a tenu à aborder cette question en CTA. L’Académie a indiqué qu’un point serait fait au CHSCT et le SNUipp-FSU a tenu à ce que ce sujet soit à nouveau discuté en CDEN. (Lire le compte rendu du CHSCT sur ce sujet)

À la fin des échanges en CDEN, un constat : rien n’est prêt et rien n’est cadré !
Aucun cadre académique notamment sur le nombre constitutif des groupes n’aurait été demandé aux écoles… Cela ne serait donc que des initiatives d’IEN de diverses circonscriptions. De même, aucun cadre n’est fixé sur un accord Académie / Ville en cas d’accueil partiel des élèves… Des réunions seraient prévues entre la Ville, l’Académie, la Dasco et la Dases (Direction de l’action sociale de l’enfance et de la santé) dans la deuxième quinzaine d’octobre.
En résumé, rien n’est prêt au niveau institutionnel, mais on demande aux écoles de produire des plans de continuité pédagogique en cas d’accueil partiel… avec des informations et un cadrage académique inexistant… agrémenté d’injonctions locales et variées.
Nous ne sommes pas dupes, le seul but est bien de pouvoir communiquer que tout est prêt !
Pour le SNUipp-FSU, ce n’est pas acceptable ! Là encore, il s’agit bien de maltraitance institutionnelle ! (lire le communiqué de presse)

Une baisse démographique qui s’accélère dans le premier degré

Cette année, Paris perd plus de 3720 élèves. En 10 ans, le nombre d’élèves a diminué de 13,5% dans l’Académie. L’Académie indique cependant que 130 postes ont été créés pendant cette période.

Selon l’Administration, Paris dispose du meilleur taux d’encadrement de France.
Pour le SNUipp-FSU, quoi que puisse dire l’Académie, les créations de postes ne sont pas à la hauteur. La moyenne est de 17,4 élèves par classe en éducation prioritaire (qui comprend les classes dites dédoublées ) et 23,9 hors éducation prioritaire. Pour le SNUipp-FSU, avoir dans sa classe des effectifs réduits ne doit pas être un luxe ! Les petits effectifs favorisent la réussite scolaire.
Mais cette réussite s’appuie aussi sur des postes de Rased, une formation continue de qualité sur temps de travail, des postes de remplaçant-es pour ne perdre aucun jour de classe. Or, dans ces domaines, le manque est criant !

Du côté de l’enseignement privé hors contrat, les chiffres sont stables tandis que ceux de l’enseignement sous contrat baisse. En 2020, à Paris, 25,6 % des élèves du premier degré sont scolarisés dans l’enseignement privé.

Politique éducative dans le premier degré : contre la caporalisation !

En cette rentrée, le choix d’un cadrage serré des contenus et des pratiques se confirme en lieu et place d’une formation qui développerait la professionnalité enseignante et d’une mise à disposition d’outils qui se veulent utiles aux enseignant-es.
La circulaire de rentrée n’est d’aucune aide aux écoles (lire notre article ici), en revanche, elle constitue une nouvelle preuve de la volonté de mise au pas des enseignant-es.
Notre Académie a voulu faire office de bonne élève et n’a pas tardé à convoquer début octobre, la veille pour le lendemain, des enseignant-es qui n’auraient pas encore rentré les résultats des évaluations.
Cette convocation était une preuve de plus du mépris de notre administration pour l’engagement professionnel des équipes qui ont besoin de temps, de soutien et de formation ! Ces équipes ont fait le choix collectif de prioriser la réussite de leurs élèves plutôt que de compléter des évaluations standardisées qui ne servent ni aux élèves, ni à leurs familles, ni aux enseignant-es, ce qui explique qu’un consensus très large existe autour du rejet de ces évaluations.

De son côté, l’Académie a indiqué que les évaluations standardisées étaient utilisées comme outil de pilotage du système éducatif et qu’au niveau académique, ces évaluations pourraient servir de mètre étalon. Les résultats permettraient aux équipes de circonscription d’accompagner au mieux les équipes.
Pour le SNUipp-FSU, alors que la formation continue est quasi-inexistante et que lorsqu’elle existe elle est trop souvent formatée et descendante, ces évaluations ne sont d’aucune aide aux équipes.

Bilan des opérations de mobilité

- MOUVEMENT INTER-DÉPARTEMENTAL :
75 collègues ont pu quitter l’Académie sur 716 candidat-es (100 sont entré-es)

- MOUVEMENT INTRA-DÉPARTEMENTAL :
2381 collègues ont participé, 1252 ont été muté-es, 674 n’ont pas obtenu de poste (455 ont retrouvé leur poste initial)
737 postes sont restés vacants, 639 ont été pourvus, 98 n’ont pas été pourvus, essentiellement dans l’ASH (47), postes de formateurs (29) et CPC (20)
51 collègues ont déposé un recours suite à ces résultats, dont 17 ont mandaté un-e représentant-e syndical-e (14 pour le SNUipp-FSU)

- INEAT/EXEAT :
159 exeat demandés, seuls 15 ont été acceptés
10 ineat demandés ont été acceptés
22 exeat ont été accordés « hors contingent » pour des collègues en disponibilité depuis plus de 2 ans pour suivi de conjoint-e.

- DÉTACHEMENT
286 demandes de détachement ont été accordées (pour 315 demandes) en grande partie pour enseigner à l’étranger (189).

- DIRECTION D’ÉCOLE
98 collègues ont passé l’entretien de direction, 46 ont reçu un avis favorables (dont 4 pour la direction d’école d’application et 2 pour les écoles spécialisées).

- STAGE CAPPEI :
59 départs en stage pour 69 candidatures.

Depuis la mise en place de la Loi de Transformation de la Fonction publique, l’Académie doit présenter un bilan des opérations de mobilité. Le SNUipp et la FSU ont tenu à rappeler leur opposition à la Loi de Transformation de la Fonction Publique et à revendiquer son abrogation.
Aujourd’hui, les représentant-es et les personnels ne peuvent plus vérifier les données fournies par l’Administration mais les personnels ne peuvent plus non plus effectuer des choix éclairés. À l’équité et la transparence est censée succéder la confiance aveugle, inacceptable.

Une fois n’est pas coutume, le SNUipp-FSU Paris s’est félicité de l’augmentation du nombre de détachements. Cependant, il semblerait que les détachements ne soient accordés dans l’Académie qu’au-delà de quatre années de titularisation.

Où en est-on de l’école « pleinement inclusive » ?

L’augmentation du nombre d’élèves du premier degré en situation de handicap continue alors même que l’Académie perd de nombreux-ses élèves.
Aujourd’hui, 9 300 élèves sont concerné-es en milieu ordinaire. Pour 80 % des élèves, un-e AESH est nécessaire : 41 % pour une aide individualisée et 59 % pour une aide mutualisée.
Contrairement à ce qui était dit les années précédentes lorsque l’Académie se félicitait de l’augmentation du nombre de notifications mutualisées, elle indique cette année que seule la MDPH est compétente en la matière.

Depuis 2005, le nombre d’ETP (emploi équivalent temps plein) dédié pour les élèves en situation de handicap est passé de 1381 à 2060 aujourd’hui.
En 2018, 900 élèves ne bénéficiaient pas de l’accompagnement auquel ils-elles avaient droit. Ils-elles étaient 700 en 2019. Ils-elles sont 580 aujourd’hui à ne bénéficier d’aucun accompagnement ou d’un accompagnement partiel.
Si l’Académie indique bien qu’il s’agit d’un problème de vivier de recrutement, la réalité est toute autre. Le SNUipp et la FSU continuent de revendiquer la création d’un vrai statut de la Fonction publique avec des conditions de travail et d’emploi satisfaisantes.

Enfin, la FSU s’est félicitée de la mise en place d’un groupe de travail tant attendu sur la grille de rémunération des AESH. Il aura lieu le 12 novembre.
La FSU s’est inquiétée de la rentrée des AESH concernant le manque d’interlocuteur-trice et notamment sur le délai de réponse de l’adresse dédiée accompagnement-aesh@ac-paris.fr
L’Académie a indiqué qu’un effort allait être fait. Le SNUipp-FSU y veillera.

Utilisation des salles de classes pendant les vacances : c’est non !

Le SNUipp-FSU Paris est intervenu fortement au cours du CDEN pour signifier son incompréhension face au "Mémo-Dasco" du 7 octobre. Il y est indiqué qu’un "travail préalable avec les directeur-trices d’école doit être conduit afin que des salles de classe puissent être mises à disposition pendant les vacances scolaires.
En cas de difficulté, il vous est demandé de le signaler au plus tôt à votre coordonnateur-trice territoriale de l’action éducative pour prise d’attache avec l’IEN."

La Mairie a signifié son étonnement puisque ces pratiques auraient déjà court dans certaines écoles.
Le SNUipp-FSU Paris a indiqué qu’ici ou là des accords peuvent exister mais qu’en aucun cas il ne peut s’agir d’une habitude à généraliser. Le SNUipp-FSU Paris a demandé à ce qu’un ERRATUM soit envoyé puisqu’il n’y a eu aucune concertation des équipes enseignantes ! Les salles de classe sont des salles scolaires !


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