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Réforme 2019 de la formation initiale : En marche pour la précarité !

publié le 29 mars 2019

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Suite (et fin ?) de la réforme de la formation initiale avec les débats au Parlement autour de la loi dite « école de la confiance ». Le DGRH, Édouard Geffray, se rend dans toutes les instances des ESPE pour prêcher la bonne parole et faire avaler la pilule de la casse de la formation initiale. Les professionnel-les de la formation des enseignant-es ne sont pas dupes.

Le constat : une perte d’attractivité du métier

La crise du recrutement s’installe depuis plusieurs années, au total 3573 postes de PE n’ont pas été pourvus en 7 ans. Cela entraine le recrutement de contractuel-les, parfois même au détriment des listes complémentaires. Ce manque d’attractivité du métier est constaté aussi bien par le SNUipp-FSU que par le Ministère mais les solutions proposées ne sont pas les mêmes et représentent deux visions de l’enseignement, de la formation et de l’école complètement antinomiques. Cette réforme serait construite autour de 4 axes :
-  La mise en place de la pré-professionnalisation dès l’année de L2, annoncée pour la rentrée 2019.
-  La modification de l’architecture de la formation, place du concours et organisation des années de master.
-  Le resserrage de la formation initiale sur les fondamentaux (l’idée de maquettes avec des volumes horaires de français et de maths de plus de 55% du volume horaire global a été évoquée, réduisant de fait les volumes des autres domaines)
-  La mise sous tutelle des nouveaux INSPE (Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation) avec la nomination de leur directeur-trice par le Ministre.

La solution du Ministère : plus de contractualisation

Les projets du gouvernement sur la formation initiale se précisent : dès septembre 2019, des étudiant-es, dès la L2, pourront se voir confier des missions d’enseignement dans des écoles élémentaires ou des collèges. Ces contrats de 8h hebdomadaires, créés selon le Ministère pour favoriser les vocations précoces, seront en fait une forme de salariat étudiant, quand on sait pourtant que la majorité des étudiant-es salarié-es ont plus de difficultés à réussir leurs études. Les annonces concernant le CRPE sont encore au conditionnel. À partir de 2022 le concours serait placé en fin de master (bac +5) et son contenu serait axé sur la pratique de classe, ce qui en ferait une sorte de validation des stages et pourrait sembler redondant de la validation du master. Celui-ci serait en effet une alternance de stages en responsabilité et de temps de formation dans les nouveaux INSPE. Tout cela avec un double statut d’étudiant-e et de contractuel-le en responsabilité de classe (comprendre moyen d’enseignement low cost).
Au bout du compte, deux années sous contrat, avec des paies ridicules, sans garantie de réussite au concours ni de titularisation dans l’Éducation nationale à la fin. Les étudiant-es qui ne réussiraient pas le concours formeraient donc un vivier de contractuel-les prêt à l’emploi. Voici comment s’installe la précarité chez les professeur-es des écoles.

Les revendications du SNUipp-FSU

Avec cette réforme de la formation initiale, c’est bien la formation professionnelle qui est remise en cause. Le Ministère semble penser que le métier vient de l’expérience sur le tas, en compagnonnage, quand nous réaffirmons depuis des années « qu’enseigner est un métier qui s’apprend ». Les stages doivent être des moments de formation, ils doivent s’articuler dans des maquettes de formation mettant en lien la pratique de classe et la recherche en éducation. Les formations à l’INSPE doivent permettre la prise de recul sur les moments d’enseignement et donner les apports théoriques nécessaires à la construction de la posture d’enseignant-e.
Le SNUipp-FSU continuera de lutter aux côtés des collègues pour exiger une formation professionnelle initiale de qualité sous statut de fonctionnaire stagiaire avec un concours en fin de licence suivi de deux années de formation professionnelle rémunérées.


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