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Contre la caporalisation dans le premier degré, bilan de rentrée, santé des personnels, carte scolaire... Déclaration liminaire du SNUipp-FSU au CT du 13 octobre 2020

publié le 15 octobre 2020

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Sans reprendre l’ensemble des éléments dont nous discuterons aujourd’hui, nous tenons à insister sur certains points. Puisqu’il s’agit du CTA sur le bilan de rentrée, pour le SNUipp-FSU, la rentrée n’est pas une des plus belles que nous ayons connue, contrairement à ce que claironne notre Ministre.

L’École a besoin d’un investissement massif mais ne va pas bénéficier comme il se doit du plan de relance du gouvernement : l’investissement par élève français-e est de 30% inférieur aux pays qui réussissent le mieux et qui parviennent le mieux à gommer les impacts de l’origine sociale sur les résultats scolaires.

Politique éducative dans le premier degré : contre la caporalisation !

La circulaire de rentrée 2020 ne fait que confirmer les orientations prises par notre ministère depuis trois ans déjà. La pluie des divers guides se poursuit avec la publication d’un guide de référence pour l’enseignement des mathématiques au CP et d’une grammaire en deux volumes. Le choix d’un cadrage serré des contenus et des pratiques se confirme en lieu et place d’une formation qui développerait la professionnalité enseignante et d’une mise à disposition d’outils utiles aux enseignant-es.

Cette circulaire confirme bien le déni de ce ministère de la situation vécue par l’École et du besoin des élèves de se retrouver et de retrouver un collectif de travail. Elle évoque le collectif mais n’installe rien qui puisse le faire vivre.
Elle n’est d’aucune aide aux écoles, en revanche, elle constitue une nouvelle preuve de la volonté de mise au pas des enseignant-es.

Notre Académie a voulu faire office de bonne élève et n’a pas tardé à convoquer la veille pour le lendemain des enseignant-es qui n’auraient pas encore saisi les résultats des évaluations.
Cette convocation est une preuve de plus du mépris de notre administration par rapport à l’engagement professionnel des équipes qui ont besoin de temps, de soutien et de formation !
Ces équipes ont fait le choix collectif de prioriser la réussite de leurs élèves plutôt que de compléter des évaluations standardisées qui ne servent à personne : ni aux élèves, ni à leurs familles, ni aux enseignant-es.

Alors qu’un grand nombre d’organisations syndicales affirme leur rejet des évaluations, que les associations de parents d’élèves en font de même ainsi que de nombreux universitaires : pourquoi cette obstination de la part du Ministère à maintenir cette passation dont plus personne ne veut ?

Carte scolaire

De manière générale, la dotation en postes pour l’académie de Paris, bien que nulle en cette rentrée, n’est pas suffisante au vu des besoins des écoles. Certaines classes de maternelle et d’élémentaire continuent d’être chargées, y compris au sein d’écoles en éducation prioritaire. Une création massive de postes aurait permis des classes moins chargées, fait notable dans une situation de pandémie mais surtout un meilleur accompagnement des élèves dans cette rentrée si exceptionnelle.

Les moyens de remplacement manquent déjà, et nous ne pouvons qu’être inquiet-es face aux besoins qui ne manqueront pas d’être plus importants cette année avec un virus en circulation active à Paris.

Comment va s’organiser l’Académie lorsqu’il n’y aura plus de remplaçant-es ? Le SNUipp-FSU Paris continue de revendiquer les recrutements sur la liste complémentaire.

Il n’y a eu aucun poste de Rased créé en cette rentrée alors que les besoins étaient plus importants au vu de l’année scolaire écoulée. Quelle est aujourd’hui la réalité des postes de Rased et surtout lesquels sont toujours vacants ?

Par rapport à la scolarisation des élèves de moins de trois ans, le SNUipp-FSU Paris a à nouveau fait la demande de la tenue d’un groupe de travail sur la scolarité précoce et les conditions de sa réussite dans notre Académie. Quand aura lieu la première rencontre ?

Mouvement sans représentant-es du personnel

Puisqu’il est question de faire un bilan des opérations de mobilité, le SNUipp et la FSU tiennent à rappeler leur opposition à la Loi de Transformation de la Fonction Publique et à revendiquer son abrogation. Non seulement les représentant-es et les personnels ne peuvent vérifier les données fournies par l’Administration mais les personnels ne peuvent non plus effectuer des choix éclairés. À l’équité et la transparence succède la confiance aveugle.

Par ailleurs, suite à l’action du SNUipp-FSU auprès de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA), la DGRH a indiqué que les représentant-es du personnel allaient bientôt pouvoir bénéficier d’une liste nominative des personnels.
Quand serons-nous destinataires de ce courrier ?

Dysfonctionnements graves du Rectorat

Malgré une très légère amélioration, trop de collègues n’obtiennent toujours pas de réponse à leurs demandes. C’est inadmissible que dans une administration comme la nôtre, certain-es collègues attendent une réponse pendant trois mois. D’autant qu’il s’agit le plus souvent de collègues dans des situations personnelles délicates : CLM, attente de CLD, arrêt imputable au service.

Par ailleurs, c’est absolument inacceptable que les services d’assistance sociale n’aient pas répondu présent-es pendant le confinement. Le SNUipp-FSU demande à l’Académie que la continuité de service soit assurée, même dans des circonstances exceptionnelles.

Crise sanitaire

L’expertise professionnelle des enseignant-es et AESH doit être reconnue pour de bon ! La crise sanitaire a mis en évidence cette expertise : les équipes ont dû tout inventer puisque, contrairement à ce qu’affirmait le Ministre, rien n’était prêt.

Il en est de même aujourd’hui qu’il y a six mois. Le SNUipp-FSU s’est adressé à l’Académie à plusieurs reprises puisque la crise sanitaire ne justifie ni la précipitation, ni l’impréparation du Ministère, encore moins les pressions mises sur les écoles. Les personnels ne sont toujours pas rassurés sur la protection offerte par les masques en tissus fournis par l’Éducation nationale, et la question de leur confort dans un métier où la voix est si primordiale n’est même pas évoquée.

De nombreux-ses collègues portent des masques chirurgicaux achetés par leurs propres moyens, piochés dans les réserves de l’an dernier…

Nous demandons solennellement à l’Académie de veiller à la santé et à la sécurité des personnels parisiens et de renouer le lien de confiance bien malmené entre l’Institution et les personnels.
Il nous faut aussi faire un point sur les nouveaux conseils, qu’on ne peut appeler consignes, donnés par les IEN sur le temps de midi. Ce courrier envoyé par un certain nombre d’IEN concernant la pause déjeuner illustre une vision culpabilisatrice des enseignant-es en faisant reposer sur eux-elles la responsabilité de la situation sanitaire et du creusement des inégalités scolaires.
Nous relayons également ici les inquiétudes des collègues par rapport à la participation aux réunions et animations pédagogiques dans le cadre de cette circulation active du virus.

Dans ce contexte de crise, les équipes sont amenées à produire des plans de continuité pédagogique alors même que les consignes sont très différentes d’une circonscription à l’autre : taille des groupes, lieux, responsabilité, etc. Nous avons adressé à la Ville et à l’Académie un courrier afin qu’un point soit fait au CDEN à ce sujet. Cependant, il serait sans doute préférable que nous l’abordions d’abord sans les parents et la Ville.

Personnels

Mis à part la prime Covid versée à certain-es, dont nous souhaiterions connaître le nombre et les montants versés, et la prime spéciale pour nos collègues directeur-trices, l’horizon salarial reste bien morne, sans aucun dégel du point d’indice à l’horizon, et un budget prévisionnel concernant la revalorisation des enseignant-es se réduisant comme peau de chagrin.

Par ailleurs, pouvez-vous nous dire comment sont comptées les demi-journées de présence des enseignant-es ? Il semblerait qu’il soit indiqué dans certaines circonscriptions qu’il ne s’agit pas de demi mais de quart de journées : pour le mardi après-midi par exemple.
L’éducation nationale en est-elle réduite à faire des économies de bout de chandelle alors qu’aucun texte n’indique cette façon de comptabiliser les journées de présence ?


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