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Compte-rendu de l’audience avec le Recteur du 27 mars : Volonté claire d’apaisement de la part de l’Académie

publié le 28 mars 2019

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 Mercredi 27 mars, les organisations parisiennes SNUipp-FSU, Snudi-FO, Se-Unsa, Sud Education, CNT-Ste et CGT Educ’Action ont été reçues par le Recteur accompagné du directeur de l’Académie, du Dasen, de la Secrétaire générale et du DRH. En préambule, les syndicats ont tenu à dénoncer le contexte de dégradation de nos conditions de travail dans lequel notre mobilisation avait lieu (alourdissement de la charge de travail, pouvoir d’achat en berne...) et ont réexpliqué les raisons du rejet massif des évaluations nationales de CP et de CE1 par notre profession. Nos organisations ont ensuite réaffirmé leur exigence d’arrêt immédiat des menaces et des pressions et ont dénoncé les abus de la hiérarchie dans certaines circonscriptions. En réponse, le Recteur a tenu clairement dès le départ un discours d’apaisement et de dialogue. Il a indiqué avoir fait remonter au plus haut niveau ministériel sans y apporter de commentaire le contexte dans lequel notre mobilisation avait lieu et avait remonté également le malaise des enseignant-es face aux évaluations nationales. Il a réaffirmé que l’Académie avait toujours été dans la volonté de dialogue et de conviction. Le Dasen a renchéri en indiquant que l’objectif de l’Académie avait toujours été de ne pas sanctionner les enseignant-es en les convaincant de remonter les résultats. L’Académie a annoncé qu’à la veille des menaces de sanctions, 35% des collègues de CP n’avaient pas remonté les résultats des évaluations. Après la fameuse journée de pression, 8% ne l’avaient toujours pas fait. Pour le SNUipp-FSU, ces chiffres démontrent le rejet des évaluations nationales par notre profession et la détermination de nos collègues de ne pas céder face aux intimidations.

  Après l’exposé précis d’abus vécus par les collègues dans certaines circonscriptions, une discussion longue s’est engagée. Au final, le Recteur a distingué l’exercice normal de la hiérarchie et un exercice de la hiérarchie qui ne serait pas effectué dans le respect des droits des enseignant-es en tant que fonctionnaire. Si des faits précis et circonstanciés lui sont remontés et qu’ils peuvent entrer dans cette deuxième catégorie, le Recteur s’est engagé à condamner ces faits. Le changement de ton de l’Académie par rapport à la CAPD de la semaine dernière est nette.

 Dans une seconde partie de l’audience, nous avons rappelé les propos du Directeur des ressources humaines du Ministère lors de l’audience avec le SNUipp et la FSU la semaine passée. Lors de cette audience, le Ministère avait affirmé qu’il n’avait pas donné comme consigne aux académies de prononcer des sanctions disciplinaires contre les enseignant-es de CP qui n’avaient pas fait passer les évaluations nationales ou n’avaient pas remonté les résultats. Dans ce contexte, les syndicats ont donc manifesté leur incompréhension face au tournant autoritariste pris par l’Académie, contrairement aux engagements passés du Dasen de ne pas sanctionner nos collègues mobilisé-es. Le Recteur n’a pas commenté le compte-rendu de l’audience du SNUipp-FSU avec le DGRH. Ceci dit il a indiqué qu’il se conformerait aux directives ministérielles. Concernant les sanctions disciplinaires, il n’est plus question de blâme, mais d’avertissement qui ne pourrait être qu’oral si jamais le Ministère en décidait ainsi. Une réponse définitive sera transmise aux organisations syndicales rapidement.
(A la différence du blâme, l’avertissement écrit n’est pas porté au dossier administratif des enseignant-es.)

Les débats ont été longs puisque nous avons été reçu-es près d’1h30. Le changement de ton de l’Académie est net et la rétrogradation des sanctions envisagées sont à mettre au crédit du soulèvement collectif de notre profession. Cela doit nous encourager à amplifier notre mobilisation pour obtenir du Ministère qu’aucune sanction ne soit prononcée. Ces premières avancées doivent aussi renforcer notre détermination à stopper le Ministre dans son entreprise de destruction de l’école publique en obtenant notamment l’abandon de la loi Blanquer.
Au côté de la profession, la lutte du SNUipp-FSU Paris en faveur d’une transformation de l’école permettant la réussite de tous les élèves avec des conditions de travail améliorées pour les enseignant-es sera sans faille ! Ensemble, on peut gagner !  


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