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Mis à jour le 29 janvier 2026

En complément de l’Université d’automne de la FSU-SNUipp organisée tous les ans, la FSU-SNUipp Paris organise son Université de printemps. En réunissant chercheurs-chercheuses et enseignant-es pour des conférences et débats, la FSU-SNUipp poursuit son ambition de participer à la transformation d’une école en quête de réussite de tous-tes les élèves, en agitant et alimentant la réflexion professionnelle.
Ces journées ont également pour but de permettre aux enseignant-es de prendre du recul et de reprendre la main sur leur métier. L’Université de printemps est un temps de formation et de réflexion ouvert à toutes et tous, syndiqué-es ou non, et entre dans le cadre de la formation syndicale à laquelle chaque enseignant-e a droit.
Pour pouvoir y participer, il suffit d’envoyer une demande d’autorisation d’absence à son IEN au plus tard un mois avant (lettre type et procédure détaillée dans cet article : https://75.snuipp.fr/?Calendrier-et-programme-des-RIS-et ).
Attention, il faut donc l’envoyer avant le lundi 4 mai. Afin de ne pas oublier, nous vous invitons à envoyer votre courrier dès maintenant.
Nous vous remercions de vous inscrire auprès du syndicat par mail.
Jeudi matin de 9h à 12h
Intervenant : Bernard LAHIRE
Bernard Lahire est directeur de recherche CNRS et membre senior honoraire de l’Institut Universitaire de France. Ses travaux ont porté entre autres sur la production de l’échec scolaire à l’école primaire, les modes populaires d’appropriation de l’écrit, les réussites scolaires en milieux populaires, les différentes manières d’étudier dans l’espace de l’enseignement supérieur, l’histoire du problème social appelé « illettrisme ». Bernard Lahire a publié récemment l’ouvrage Savoir ou Périr (ed. Seuil, 2025).
Programmes surchargés, obsession de l’évaluation et de la compétition, manque de temps et de financements : l’enseignement et la recherche souffrent de multiples maux. En plus de produire des élèves, des étudiants et des chercheurs malheureux, et dont la capacité d’émerveillement et le désir de comprendre sont malmenés, tout cela menace la survie des groupes humains. Car l’histoire des sociétés humaines est l’histoire de leurs capacités d’adaptation grâce à la création continue de connaissances. À l’heure où les sciences sont attaquées de toutes parts, il devient vital de rompre avec ces logiques destructrices et de mettre en œuvre une politique révolutionnaire de l’enseignement et de la création scientifique.
Jeudi après-midi de 13h30 à 16h30
Intervenante : Ana DIAS-CHIARUTTINI
Ana Dias-Chiaruttini est professeure des universités en sciences de l’éducation et directrice de l’Unité de Recherche LINE (Laboratoire d’Innovation et Numérique pour l’Education) à l’Université de Côte d’Azur. Membre du comité scientifique du PIA 3 AMPIRIC porté par l’Université Aix-Marseille. Membre de l’AGEEM (Association générale des enseignants et l’école maternelle), ses recherches portent sur les relations entre l’école et le musée : la circulation des discours et des formes de médiations ; l’évolution des enseignements du français et les résistances observables dans les pratiques observées, et étudie les dispositifs d’amélioration des apprentissages.
Dans un contexte éducatif marqué par la standardisation des apprentissages et la prééminence accordée aux savoirs disciplinaires évaluables, cette conférence interroge la place essentielle de l’expérience culturelle dans la formation des élèves. Inscrite dans le champs didactique de l’éducation artistique et culturelle (EAC) et de l’éducation muséale, la conférence s’appuie sur ses travaux de recherche portant sur la réception des œuvres et la formation du sujet-visiteur. Ces recherches, conduites en collaboration avec plusieurs musées, en France et au Brésil, analysent les discours d’élèves (de l’école maternelle au lycée), de méditeurs.trices, d’enseignant.e.s et de familles en situation de visite. Elles montrent que « visiter s’apprend » : devenir visiteur.se requiert un accompagnement permettant de développer un rapport actif, langagier et réflexif aux œuvres.
Accompagner la formation du visiteur-se permet à chacun de s’approprier l’espace musée, d’interroger les codes de celui-ci et de s’y sentir légitime. Confronter les élèves à des œuvres qui décentrent, questionnent ou résistent à l’interprétation favorise la formation à l’esprit critique – non pas comme simple expression d’opinion, mais comme exercice de discernement, d’attention et de mise en dialogue. Dans cette perspective, le musée se fait laboratoire du monde : un lieu où l’on apprend à penser avec les images ou les objets, à articuler émotions, mots et idées, et à relier les savoirs à l’expérience vécue.
Cette conférence proposera des pistes concrètes à partir des recherches menées, pour penser une continuité pédagogique entre la classe et le musée : préparer la visite en classe, accueillir la parole de l’élève dans le lieu culturel, prolonger l’expérience par l’écriture, la discussion ou la création. Il s’agit de faire circuler mots, émotions et idées entre la classe, le musée et la maison – pour que la culture ne soit plus un supplément, mais retrouve sa place fondatrice dans notre capacité à faire société.
Vendredi matin de 9h à 12h
Intervenant : Fanny GALLOT
Fanny Gallot, historienne, est membre du Centre de recherche en histoire européenne comparée (CRHEC) à l’Université Paris Est Créteil où elle enseigne à l’INSPE. Elle est membre junior de l’Institut universitaire de France (IUF), promotion 2024. Ses recherches portent sur l’histoire du travail – professionnel et domestique – qu’elle envisage dans une perspective intersectionnelle, l’histoire du syndicalisme, des féminismes et des mouvements sociaux. Elle a notamment publié Mobilisées, une histoire féministe des contestations populaires (Le Seuil, 2024). En relation avec ses enseignements, elle mène également des recherches sur le genre et les discriminations ethno-raciales en éducation. Avec Naïma Anka-Idrissi et Gaël Pasquier, elle a co-écrit, J’enseigne l’égalité filles-garçons (Dunod, 2018 [réed. 2023) et a coordonné Éducation à la vie affective relationnelle et sexuelle : sortir des polémiques, ouvrir des possibles (Syllepse, 2025), en partenariat avec l’institut de recherche de la FSU.
L’intervention portera sur la nécessité d’enseigner l’EVAR et de la mise en place de ce nouveau programme dans les écoles. Nous réfléchirons aux pratiques de classe permettant d’éviter les rapports de domination genrés pour apprendre à grandir dans le respect de toutes et tous. Nous nous interrogerons également sur les obstacles que nous pourrions rencontrer, comment apporter les réponses adéquates et se protéger des éventuelles attaques réactionnaires, en s’appuyant sur des ressources et outils variés.
Vendredi après-midi de 13h30 à 15h
Cette dernière partie de l’Université de printemps a pour but d’effectuer la synthèse des interventions et des débats et de tracer des perspectives pour la suite. Nous aborderons également toutes les questions éducatives d’actualité et celles concernant notre carrière.