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publié le 4 décembre 2025

À la demande de la FSU-SNUipp notamment, un groupe de travail académique s’est tenu jeudi 4 décembre sur les postes à profil. La FSU-SNUipp dénonce cette nouvelle modalité de recrutement qui ne cesse de s’accroitre au bénéficie de l’arbitraire et au détriment de l’égalité de traitement et de la transparence.
Les postes à profil concernent aussi bien le mouvement inter que le mouvement intra-départemental. Concernant le mouvement inter, la FSU-SNUipp a dénoncé cette attaque frontale aux règles du mouvement inter et à la transparence des mutations. Cette évolution est clairement guidée par une volonté idéologique de casser le cadre collectif des règles de gestion.
Ce mouvement national sur postes à profil n’améliore pas le taux de satisfaction déjà bien trop bas dans le 1er degré à Paris, il risque en plus d’accentuer les déséquilibres entre les départements attractifs et non attractifs. De plus, en réduisant de facto le nombre de postes vacants, ce dispositif a forcément un impact négatif sur les mouvements intra-départementaux.
Les postes concernés par les postes POP sont des postes souvent très particuliers. À Paris, la quasi-totalité des postes POP proposés sont des postes langues, dans les autres départements il peut souvent s’agir de postes dans l’enseignement spécialisé.
Le nombre de postes proposés au mouvement POP est en nette augmentation passant de 5 postes en 2022 à 26 postes cette année.
Depuis 2022, 28 enseignant-es sont arrivé-es à Paris via le mouvement POP et 55 sont parti-es par ce biais. Quatre régions ont principalement accueilli les enseignant-es parisien-nes depuis 2022 : 12 personnes sont parties en Ile de France, 10 en Auvergne/Rhône-Alpes, 8 en PACA, 5 en Occitanie. À l’inverse, les trois-quarts des enseignant-es qui ont obtenu un POP parisien viennent d’Ile de France.
La FSU-SNUipp Paris a demandé des éclaircissements sur les postes proposés au mouvement POP national : s’agit-il de postes restés vacants à l’issue du mouvement intra ou y a-t-il des postes profilés spécifiquement pour le mouvement POP ? Le Rectorat n’a pas su nous répondre.
Pour la FSU-SNUipp, le mouvement POP n’est pas une réponse appropriée au manque d’attractivité de certains postes au sein de l’académie, ni une réponse au déséquilibre qui existe dans le mouvement interdépartemental. La FSU-SNUipp revendique une revalorisation des salaires et une amélioration des conditions de travail à Paris afin de rendre notre département de nouveau attractif. Il faut plus de volontaires pour venir à Paris, cela améliorerait au moins le paramètre du nombre de gens qui entrent à Paris, ce qui joue de fait sur les mutations en général. Des changements concernant le calcul des barèmes doivent aussi être apportées afin de permettre à chacun-e de muter, quelle que soit sa situation. La FSU-SNUipp est force de proposition sur ce sujet et le fait savoir dans toutes les instances.
Concernant le mouvement intra, l’Académie a multiplié à l’envie les postes à profil, instillant ainsi de l’arbitraire dans la procédure du mouvement. Ce profilage est justifié de manière plus ou moins adroite par l’Académie... Très souvent, il est bien difficile pour elle de justifier le caractère innovant de tel ou tel projet d’école, qui est pourtant censé justifier le profilage de postes d’adjoint-es ou de direction…
L’Académie annonce qu’à ce jour, 719 postes sont profilés à Paris, dont 370 postes d’enseignant-es devant classe et 148 postes de direction. Cela représente 25 % des postes de direction ! C’est inadmissible, la FSU-SNUipp le dénonçait déjà en CAPD en avril dernier (voir notre déclaration liminaire dans cet article)
L’Académie indique également que 168 postes concernant l’ASH sont profilés, mais elle mélange les postes à profil et les postes pour lesquels il faut une certification (postes à exigence particulière, type CAPPEI, FLS…). Nous avons demandé des données plus précises.
Par ailleurs, l’Académie fait le choix de protéger les postes à profil en cas de fermeture de classe amenant des situations incompréhensibles pour les équipes où les règles d’ancienneté et de barème ne s’appliquent plus.
Qu’il s’agisse du mouvement inter ou du mouvement intra, il ne s’agira jamais pour la FSU-SNUipp de mettre en cause des stratégies individuelles de collègues qui postulent sur ces postes (parfois contraint-es et forcé-es), mais bien de lutter contre la logique structurelle mise en place par l’Académie et l’opacité des procédures de profilage et de recrutement.
Une grande part des postes à profil étant des postes langues, le groupe de travail a permis de mettre à jour la carte des écoles bilingues ou avec parcours renforcé en langue vivante. En un coup d’œil à la carte, il est flagrant de constater que ces écoles sont très majoritairement concentrées dans les arrondissements du centre de Paris. La Dasen s’est dite très attachée à ces profilages d’écoles, évoquant les parcours « d’excellence » que cela offre aux élèves.
La FSU-SNUipp a donc questionné fortement ce point : pour quel-les élèves sont donc construits ces soit-disant parcours d’excellence ? Visiblement pas celles et ceux scolarisé-es à la périphérie, au nord et à l’est de Paris. L’inégalité territoriale est flagrante et choquante ! À cela l’Académie n’a pas d’éléments de justification si ce n’est qu’il s’agit d’une mesure de concurrence avec le privé. Une politique de l’offre donc ! Bien loin d’une logique d’un service public d’éducation qui offre à tous-tes les élèves les mêmes enseignements et les mêmes chances de réussite.
Par ailleurs, les documents préparatoires au GT montrent clairement que certain-es IEN ont une grande appétence pour l’implantation de postes à profils ! Quelques circonscriptions concentrent en effet une part importante des postes à profil. On peut même avoir parfois l’impression que l’objectif serait de profiler l’ensemble des postes de direction dans une circonscription ! Ce n’est pas acceptable !
La FSU-SNUipp avait déjà dénoncé en instance le fait que certains postes n’étaient pas parus dans la liste de postes à profil de janvier ou juin dernier. Nous avions aussi pu constater que certaines fiches de poste étaient si spécifiques qu’elles ne pouvaient correspondre qu’à très peu de personnes dans l’Académie. Nous avons osé parler de « poste à moustache », des postes profilés pour une seule personne, choisie d’avance ; procédure contraire à toutes les règles de transparence et d’équité de la Fonction publique ! L’Académie a reconnu à demi-mot qu’il pouvait y avoir des dérives et dit vouloir apporter plus de vigilance dans la procédure de profilage et de recrutement. Véritable volonté ou vœu pieux ? La FSU-SNUipp sera, comme toujours, très vigilante sur ce sujet et saura rappeler à l’Académie ses engagements.
L’an passé, le Rectorat a été dans l’incapacité de mettre en place des procédures fiables pour le recrutement sur un grand nombre de postes à profil, multipliant les réponses positives puis négatives puis positives aux personnels concerné-es... Les affectations sur un grand nombre de postes ont même dû attendre fin juin/début juillet...
Cette opération administrative est chronophage pour les IEN, les personnels de la Division des écoles, les enseignant-es qui postulent sur ces postes… Pour un résultat qui ne fait pas ses preuves.
Depuis plusieurs années, la FSU-SNUipp Paris alerte l’académie sur le fait que l’implantation de postes à profil ne fait que très rarement l’objet de concertation avec les équipes concernées. Les écoles découvrent bien souvent que leur école est profilée au moment de l’ouverture du serveur du mouvement, un ou plusieurs postes n’apparaissant pas. Cette situation est inadmissible ! L’Académie nous affirme qu’à compter de cette année, l’IEN devra fournir un compte-rendu de conseil des maitres attestant de l’information aux équipes pour solliciter un profilage de poste. Les équipes qui s’y opposeraient sont fortement invitées à prendre contact avec le syndicat.
En conclusion, la FSU-SNUipp Paris a rappelé son opposition profonde au principe des postes à profil et à leur multiplication dans l’académie de Paris. La FSU-SNUipp a exigé davantage de transparence sur ces sujets de postes à profil, notamment en demandant la liste complète des postes à profil dans l’académie, leur implantation précise, leur « coloration », et la date de profilage.