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Mis à jour le 25 janvier 2026

Un groupe de travail s’est réuni avec les représentant-es du personnel et Mme Gautherot - Dasen du premier degré, Mme Huc-Navarro - IEN et M. Pierre - DRH de l’Académie pour échanger autour de la mission « élèves à comportement perturbateur » (ECP).
Cette mission a été créée en 2024-2025. Elle englobe et renforce le dispositif R’école. Son objectif est d’apporter une aide concrète aux écoles en difficultés avec un élève perturbateur. Elle peut apporter différents types d’aides : présence au conseil des maître-sses pour réfléchir à des aides et solutions, accompagnement éventuel par un-e AESH spécifique (appelé-e médiateurs et médiatrices) pendant plusieurs semaines, réunions régulières avec la famille, bilan en fin de prise en charge…
Si la FSU-SNUipp se réjouit de la pérennisation de cette mission, elle déplore qu’elle ne puisse traiter que de situations ultra urgentes et qu’aucune prévention ne soit mise en place, ni suivi des situations. En effet, il serait intéressant de travailler avec les équipes concernées avant que la situation ne devienne trop explosive et par la suite pour faire le point sur l’évolution des situations. Cependant, faute de moyens suffisants, et malgré un discours volontariste, seule la gestion de l’urgence est envisagée par l’Académie… Les représentantes de la FSU-SNUipp ont déploré cet état de fait et ont rappelé la nécessité de faire de ce dossier une vraie priorité académique, tant dans l’intérêt des élèves que des personnels.
Cette année, la mission est composée de :
– 2 IEN pilotes
– 3 directeur-ices d’école (2 l’année dernière)
– 8 AESH médiateur-ices
– une CPD à plein temps sur la mission
– une psy-EDA chargée de la supervision des médiateur-ices
– une psyEN.
Quand une école fait appel à la mission, elle est censée recevoir une réponse en une semaine, deux maximum. La demande est à remplir sur l’espace direction du portail académique. Il y a trois volets à remplir : école, Rased, IEN.
Pour fluidifier les demandes, si l’IEN ne remplit pas sa partie très rapidement, la CPD de la mission prend contact avec l’école pour obtenir les informations dont elle a besoin, ce qui permet de raccourcir les délais.
Cette mission ne concerne que les élèves non porteurs de handicap, mais une réponse est tout de même apportée en cas de difficultés avec un-e élève en situation de handicap.
– Les fiches RSST liées à des questions d’élèves perturbateurs augmentent drastiquement : 48 fiches en 2023, 93 en 2024 et 147 en 2025 (années civiles).
– Les élèves concernés sont très majoritairement des garçons : en 2024-25, sur 76 situations suivies par la mission, 69 concernaient des garçons.
– Les arrondissements les plus concernés sont les 13ème, 19ème et 20ème.
Il faut prendre en compte différents biais qui donnent des indications partielles sur ces chiffres (nombre d’écoles important dans le nord-est parisien, réflexe plus courant d’utiliser les fiches RSST dans le premier degré…). Mais quoi qu’il en soit, la FSU-SNUipp s’alarme de ces chiffres et de ce qu’ils montrent de notre école et de notre société. Cela renforce la détermination de notre syndicat à faire de ce dossier une des priorités académiques.
L’Académie assure que la gestion des élèves perturbateurs est une priorité pour elle.
Et pourtant…
– Au GT d’avril dernier dont le compte-rendu est toujours en ligne dans cet article, il avait été dit que deux stages FIL (ex-stages école) seraient organisés cette année sur le sujet, pour le moment un seul est prévu.
– L’Académie affirme qu’il faudrait anticiper les situations et ne pas attendre qu’elles soient vraiment explosives. Les représentant-es de la FSU-SNUipp partagent cette analyse. Les élues ont donc souligné qu’il fallait largement renforcer la mission si elle devait traiter les situations explosives et celles qui ne l’étaient pas encore. Elles n’ont pas reçu de réponse positive sur ce sujet, l’Académie ayant toujours l’air de penser qu’il ne s’agit que d’une question d’organisation.
– Au GT d’avril, les représentantes de la FSU-SNUipp avaient souligné le fait qu’il faudrait faciliter les reconnaissances d’accident de service pour les agent-es impacté-es par des situations d’élèves perturbateurs. Ce dossier n’a pas avancé non plus.
– Le nombre de stages et de formations concernant les ECP reste très insuffisant. De même, les formations sur les enfants victimes de violences intra-familiales sont quasi-inexistantes, c’est regrettable car cela pourrait notamment donner des éclairages sur certaines situations.
La FSU-SNUipp continuera d’intervenir sur ce sujet auprès de l’Académie et invite les équipes en difficulté avec la gestion d’élèves dans leur école à contacter les élu-es du personnel ou si vous avez besoin d’aide pour une demande de reconnaissance d’accident de service.