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Mis à jour le 22 février 2026

Le mercredi 11 février s’est tenu un groupe de travail entre les organisations syndicales et l’Académie sur les rémunérations dans le cadre du plan académique d’action pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
Le Directeur des Ressources Humaines, le Chargé de mission égalité femmes/hommes et le Service Statistique Académique (SSA) étaient présent-es pour l’Administration ainsi que des représentant-es des organisations syndicales FSU, Se-UNSA et CGT-Éduc’action. Ce premier groupe de travail a permis un premier gros plan sur les primes et indemnités des professeur-es des écoles et professeur-es du second degré. Ce qui concerne les AESH, contractuel-les et personnels admnistratif-ves sera étudié dans un prochain GT.
Alors que le traitement des fonctionnaires obéit à une grille et que nous pensons collectivement que l’équité prédomine, les inégalités professionnelles femmes/hommes dans l’académie conduisent à des écarts de rémunération importants en défaveur des enseignantes : dans le premier degré, la différence entre le salaire des femmes et celui des hommes est de 223€ en moyenne pour un temps de travail égal.
Ainsi qu’il est écrit dans le plan académique, déclinaison du plan national d’action, il s’agit de repérer et comprendre les différences notables dans la ventilation salariale entre les femmes et les hommes pour agir sur les déséquilibres dans la rémunération. Depuis des années la FSU-SNUipp documente et dénonce les inégalités systémiques qui conduisent à ce déséquilibre salarial.
L’Académie, en particulier le SSA (Service Statistique Académique) a recensé toutes les primes et indemnités versées par enveloppe budgétaire : le BOP 140 (Budget Opérationnel de Programme) rémunère les personnels enseignant dans le premier degré, le BOP 141 rémunère les personnels enseignant dans le second degré (hors AESH et contractuel-les).
Ce premier groupe de travail a permis de recenser les différentes primes et indemnités du premier degré qui pourraient expliquer la différence de rémunération en défaveur des femmes.
Une première analyse permet de voir que les hommes sont davantage représentés chez les remplaçant-es : 1/4 alors qu’ils représentent 1/5 des PE parisien-nes. Ils sont aussi davantage représentés en REP+. Les données fournies n’ont pas encore permis d’analyser les données relatives à la taille des écoles et donc aux différences liées à l’indemnité de direction.
Après discussions en groupe de travail avec les représentant-es du personnel, l’Académie est censée envisager des mesures permettant de réduire cet écart, la FSU-SNUipp Paris œuvre dans ce sens.
Les écarts de rémunérations persistent, ils peuvent être liés à la nature des postes occupés, au recours plus fréquent aux temps partiels, à l’interruption de carrière et aux freins à la mobilité.
La FSU-SNUipp Paris continue à demander une transparence salariale avec la publication des écarts de rémunération par genre, corps et échelon. Cette publication devra aussi intégrer (tel que cela a été écrit et validé par l’Académie dans le Plan Académique égalité professionnelle) des données concernant les disponibilités, les congés parentaux, proche aidant-e, arrêt de travail, congés longs, etc.
La FSU-SNUipp exige un plan chiffré de résorption des inégalités femmes-hommes de la part de l’académie avec pour commencer un accès vraiment équitable à tous les postes donnant droit à des indemnités. Une réflexion sur la rémunération du temps partiel et sur les congés de tout ordre doit aussi être menée.
« En France, les femmes touchent 22 % de moins que les hommes
Tous temps de travail confondus (temps partiels et temps complets rassemblés), les salaires féminins valent en moyenne 77,8 % des salaires masculins selon les données 2023 de l’Insee [1]. Les femmes touchent donc 22,2 % de moins que les hommes. On pourrait aussi dire que les hommes perçoivent 28,5 % de plus que les femmes. »
« L’écart à temps de travail égal : les femmes touchent 14 % de moins
Le premier facteur explicatif des inégalités de salaires provient des différences de temps de travail. Plus d’une femme sur quatre travaille à temps partiel, ce qui n’est le cas que de moins de 10 % des hommes. Le salaire moyen réellement touché par les femmes est logiquement inférieur à celui des hommes. De plus, le temps de travail des hommes est accru par les heures supplémentaires qu’ils effectuent plus souvent que les femmes. Pourtant, même en ne comparant que les salaires pour un même temps de travail, les femmes perçoivent encore 14,2 % de moins que les hommes. »
(Observatoire des inégalités, chiffres INSEE 2023)