Comme chaque année, janvier voit s'ouvrir la période de la carte scolaire. Cette opération annuelle a pour but de procéder aux ouvertures et fermetures de classes en tenant compte de l'évolution des effectifs et de la dotation ministérielle. Le ministère accordera 3 postes supplémentaires à l'académie de Paris pour préparer la rentrée 2010. Nettement insuffisant, notamment en regard de la suppression des postes de PE2 qui assuraient un service d’enseignement correspondant à 128 postes à temps plein à Paris. Les moyens seront donc en forte baisse pour la prochaine rentrée et pèseront lourdement sur la formation continue et le complément des temps partiels.
Cette année scolaire, l’académie de Paris compte 858 élèves de plus que l’an passé. Cela porte le nombre total d’élèves à 136 382. Malgré cette élévation importante du nombre d’élèves, l’académie n’a ouvert que 8 classes supplémentaires, soit une classe pour près de 108 élèves. Malgré une baisse importante l’année dernière, le nombre de classes à niveaux multiples reste élevé. Ainsi en 98/99 il y avait sur 3273 classes élémentaires 214 classes à niveaux multiples (6,54%). Cette année sur 3293 classes élémentaires, il y en a 267 (8,11%).
De plus, de nombreuses écoles se plaignent de classes surchargées. Il n’est pas rare de voir des classes à 29, 30 élèves, notamment au cycle 3. Ce sont souvent des écoles qui frôlent le seuil d’ouverture sans parvenir à le dépasser franchement et qui donc se voient refuser une ouverture pourtant nécessaire. Comme le SNUipp l’a réclamé au dernier CDEN, il faudra que l’académie revoit les seuils d’ouverture et de fermeture si l’on veut que cette situation préjudiciable à la réussite des élèves évolue dans le bon sens.
Alors que la politique de la Zep se devait d’apporter plus à ceux qui ont moins, on s’aperçoit que l’effort consenti pour les écoles situées en zone d’éducation prioritaire mériterait d’être plus conséquent. En effet, si on observe la moyenne académique, on s’aperçoit que les écoles élémentaires en Zep n’ont en général que 2,4 élèves de moins par classe que les écoles élémentaires hors Zep. La moyenne parisienne s’établit à 23,05 en Zep et à 25,43 hors Zep.
En maternelle, la situation semble plus favorable si on ne retient que l’écart entre écoles Zep et écoles Hors Zep. La moyenne parisienne en maternelle s’établit à 23,21 en Zep et à 27,25 hors Zep. Il y a donc un peu plus de 4 élèves en moins dans les écoles maternelles de Zep. Cette plus grande différence est due à un taux d’encadrement plus élevé dans les maternelles hors Zep et non pas à un effort plus important dans les Zep. Il faudra entamer la réflexion sur les moyens à mettre en œuvre pour réellement apporter aux écoles en Zep l’aide dont elles ont besoin.
Cette rentrée a vu la mise en application de la suppression de 72 postes de Rased sur Paris. Tous les arrondissements sont touchés, y compris ceux concentrant les écoles en Zep/Rep. L’exceptionnelle mobilisation des parents et des personnels a permis d’enrayer le processus de disparition complète des Rased. Elle a même obligé le ministre X. Darcos à reculer en transformant la moitié des postes Rased supprimés en postes de « soutien » implantés dans des écoles difficiles. À Paris cela donne 36 postes «sout ». Il reste 8 postes E vacants, notamment dans le 18e arrondissement. Il ne faudrait pas qu’à l’occasion de cette carte scolaire ces postes soient supprimés au prétexte qu’ils n’étaient pas pourvus en maîtres spécialisés. Ce serait une manière détournée de poursuivre l’entreprise de démantèlement des Rased que la mobilisation avait su enrayer.
L’an passé, le rectorat avait supprimé 22,5 postes de brigades départementales pour «financer» les ouvertures de classes et la création des postes «sout». Ces suppressions pouvaient faire craindre une situation catastrophique du point de vue des remplacements si à la rentrée l’académie ne s’était pas retrouvée en position de surnombre. À la rentrée 220 collègues se retrouvaient sans affectation. Il en reste encore une quarantaine. Ces collègues assurent en attendant un poste des missions de remplacements. Mais qu’adviendra-t-il lorsqu’ils auront tous été nommés ? On ne peut espérer que cette situation perdure et il faudra bien que le rectorat abonde la brigade départementale si on veut faire face à la situation.
Le Comité Technique Paritaire (CTP) se tiendra le 11 février. Il sera suivi par le Conseil Départemental de l’Education Nationale (CDEN) le 18 février. C’est dans ces instances de consultation que les représentants du SNUipp-FSU porteront les revendications des personnels et assureront la défense des écoles menacées injustement de fermeture. Vous pouvez d’ores et déjà remplir l’enquête carte scolaire qui se trouve sur notre site et nous adresser tous les éléments qui permettront aux représentants du SNUipp de faire reconnaitre par l’administration la situation des écoles.