Dominique Piveteaud, maître formateur dans la Goutte d’or à Paris, va être arbitrairement déplacé « dans l’intérêt du service » à la rentrée prochaine. Tout d’abord, il s’est vu reprocher un refus d’inspection conjoncturel face à une Inspectrice dont il avait le sentiment qu’elle voulait le « casser ». Il lui a également été reproché un certain nombre de faits sans aucun fondement précis, ou que l’on pourrait reprocher à tout un chacun : orchestrer une campagne contre la dite Inspectrice, « faillir » à ses missions de maître formateur en refusant d’être inspecté et en réutilisant des formules identiques dans différents rapports de stage, être incapable de travailler en équipe, de manquer d’éthique et de loyauté envers l’Institution, de s’être montré critique à l’égard des réformes ministérielles…
Volonté d’une punition d’un an
Lors d’une seconde convocation par l’Inspecteur d’académie, où il était accompagné des représentants des syndicats présents à la CAPD, l’administration a retenu essentiellement « trop d’opposition tout azimut » de sa part, bien que son « engagement important dans le métier» ait été reconnu.
Dominique a contesté, précisé, argumenté certains aspects du rapport d’inspection fait à l’issue de la présentation à son école des deux inspectrices chargées de son dossier, auxquelles il a remis les documents administratifs requis et son travail personnel.
Convenant, comme tout individu, de certaines erreurs, ambiguïtés, voire de certains malentendus, il a demandé une contre inspection, preuve que le refus d’inspection était bien conjoncturel.
L’Inspecteur d’académie n’a pas pris en compte cette requête, pas plus que celle d’être inspecté sur son poste de formateur à la rentrée.
À l’issue de ces deux convocations,
l’Inspecteur d’académie a
décidé de retirer à Dominique sa
« mission » de maître formateur et lui a
proposé de faire une demande de
délégation rectorale, pour exercer comme adjoint
dans une autre circonscription. Sans réponse de sa part
à cette proposition, l’IA lui imposerait un
déplacement d’office pour raison de service.
Pour conserver son poste de maître formateur en CP dans la Goutte d’Or, il lui est donc demandé de faire les preuves qu’il est un « bon adjoint » pendant un an, hors de sa circonscription actuelle.
Un délit d’opinion, pas une faute professionnelle
Le dossier monté contre Dominique s’apparente à un délit d’opinion et pas à une faute professionnelle grave, à l’égard des élèves par exemple. L’Inspecteur d’Académie a bien répété à plusieurs reprises qu’il n’était pas question de sanction, mais qu’il ne lui renouvelait pas sa confiance, comme maître formateur. Une dernière audience, jeudi 27 juin, a confirmé l’obstination de l’Académie à sanctionner Dominique.
Le soutien à Dominique est très fort. Mercredi 26
juin, jour de sa convocation par l’Inspecteur
d’Académie, plusieurs centaines
d’enseignants se sont rassemblés devant le
rectorat pour exprimer leur solidarité avec notre
collègue et dénoncer cette nouvelle manifestation
d’autoritarisme. Nous appelons tous les collègues
à soutenir Dominique Piveteaud et à exiger le
retrait des sanctions, notamment en signant massivement la
pétition de soutien.
Ce mercredi 25 juin à 8 h, notre
collègue Dominique
Piveteaud, maître-formateur à l'école
élémentaire rue Cavé
(18ème), était
convoqué au rectorat par l'inspecteur d'académie.
Malgré :
- le soutien exprimé par plusieurs centaines d'enseignants
rassemblés devant le rectorat
- le témoignage positif et unanime de nombreux
collègues,
parents d'élèves, profs et stagiaires de l'IUFM
- la présence à ses côtés
des quatre syndicats représentés en CAPD
- les propositions de conciliation faites par Dominique et les
représentants syndicaux qui l'accompagnaient :
réponses
constructives aux critiques figurant dans le rapport d'inspection,
demande de contre-inspection (c'est un droit), acceptation
d'être
inspecté par l'IEN de la circonscription dès
cette fin
d'année ...
L'inspecteur d'Académie a maintenu ses attaques
injustifiées et ses menaces de sanctions contre Dominique.
Conscient de l'illégalité d'une sanction
disciplinaire,
car aucune faute professionnelle ne peut être
retenue - ce
qui est reproché à Dominique, c'est d'avoir
refusé
conjoncturellement une inspection, d’avoir défendu
des
conceptions pédagogiques parfaitement respectables - dans
l’intérêt des
élèves dans un quartier
difficile – M. l’IA a tenté d'arracher
à
Dominique une demande qu'il formulerait lui-même de
"détachement" sur un autre poste (adjoint non IMF dans une
autre
circonscription). Il a refusé de lui accorder un
délai
au-delà de ce jour à midi.
A l'expiration de cet ultimatum intenable et inadmissible,
l'IA a
annoncé sa décision de ne plus confier
à
Dominique de mission de maître-formateur et de le
déplacer
dans une autre affectation.
Cette double sanction est inadmissible, car elle est fondée
sur
un délit d’opinion : « trop
d’oppositions tout
azimut » a dit son ICC et une légalité
qui
ressemble au fait du prince : l’IA n’a
cessé de dire
qu’il ne s’agissait pas d’une sanction,
mais
qu’il ne renouvelait pas sa confiance à Dominique
comme
Maître Formateur.
Elle vise à faire un exemple de remise au pas, pour que
chaque
enseignant(e) de Paris sache qu'il n'a d'autre liberté que
d'obéir aux instructions ministérielles et
académiques.
Cette situation est une première à Paris. Elle
témoigne d’une volonté de gestion
autoritaire de
tout conflit, sans débats réels, sans
volonté
d’arbitrage : l’administration a toujours raison,
par
principe.
Si nous laissons faire, c'est la fin de la liberté
d'expression
et d'action comme pédagogue, comme travailleur, comme
citoyen,
comme personne.
Il est urgent de nous organiser pour défendre Dominique,
nous
opposer à l'injustice qui s'abat sur lui, faire respecter
nos
droits et notre liberté professionnelle à tous.
Nous
appelons les collègues, dès demain, à
se
réunir, prendre position, informer les parents, organiser
débrayages et délégations pour obtenir
la
levée des sanctions.
Les syndicats parisiens ont demandé d'urgence un rendez-vous
à l'IA qui l’a fixé
à Mardi 1er
Juillet - et s'adressent au Ministre de l'Education Nationale pour
qu'il ne laisse pas se commettre une injustice.
Vendredi 27 juin 2008
à 12h
aura lieu une AG à l'école de la rue du
Département (18e) pour faire le point et décider
des
suites de l'action.
Dominique Piveteaud, maître-formateur depuis 1996, enseignant depuis 2001 en CP à l’école élémentaire d’application (ZEP, groupe 5) à la Goutte d’Or, vient de se voir signifier par Monsieur l’Inspecteur d’Académie qu’il ne serait plus autorisé à exercer sa fonction de maître-formateur dès la rentrée prochaine, la conséquence de cela étant l’obligation pour lui d’aller exercer dans une autre école, sur un poste ordinaire.
Dominique Piveteaud avait refusé de se faire inspecter par l’ICC de sa circonscription. Il ne s’agissait en aucun cas d’une prise de position idéologique, il n’avait jusqu’alors jamais refusé l’inspection. Dominique Piveteaud avait argué pour justifier ce refus du manque patent de bienveillance à son égard, tangible notamment dans l’expression d’un empressement à l’inspecter subitement, faisant dans un premier temps fi du protocole qui consiste à proposer aux IMF une double inspection.
L’étonnement est d’autant plus grand que Dominique Piveteaud avait reçu les félicitations de la hiérarchie, ICC, inspectrice chargée des IUFM et inspecteur d’Académie suite à sa précédente inspection en 2005/2006.
Dominique Piveteaud avait récemment pris part aux débats autour de la mise en place de divers dispositifs, souvent mis en oeuvre dans la précipitation. Ces échanges avaient fait apparaître des divergences de points de vue entre lui et son ICC. Sans doute la sanction prononcée vise-t-elle à punir ces prises de position jugées incompatibles avec l’exercice de la profession.
Dominique Piveteaud met son engagement et ses convictions au service de l’Ecole. Il a participé activement à la démonstration qu’il était possible de faire réussir tous les élèves et met en oeuvre dans sa classe ce qu’il construit par ailleurs, au sein de mouvements pédagogiques ou dans le cadre de son engagement syndical.
Que l’on partage ou non ces convictions, il apparaît inadmissible qu’un collègue soit sanctionné pour avoir exprimé des idées sans jamais sortir du cadre prescrit.
Nous en appelons à la solidarité de toute la profession et demandons à chacun de prendre position contre toute sanction.
Vous pouvez dès à présent adresser vos
lettres de soutien par fax à l’école,
01 42 23 43 60, en utilisant le modèle téléchargeable ou en rédigeant une vous-même.
Pour trouver les modèles de lettres et vous tenir informé de la mobilisation :
Nous ferons appel au soutien massif de la profession lors de la
prochaine audience chez monsieur l’Inspecteur
d’Académie, dont nous n’avons pas encore
la date. Nous vous invitons d’ores et
déjà à penser à
l’organisation de délégations pour
venir soutenir le collègue. Un préavis de
grève sera déposé pour ce jour.
SNUipp * Sud éducation*
*Syndicats représentés lors de l’audience avec l’IA. Contact est pris avec les autres syndicats parisiens