Le SNUipp FSU organise une réunion d'information
syndicale le mercredi 24 mars de 9h30 à 12h30 àla
bourse du travail (M° République) sur les retraites.
Cette RIS peut être déduite des 18h d'animation et
de formation.
Il vous en informer son ICC la veille au plus tard : modèle de lettre
en ligne
L’allongement de l’espérance de vie consécutif aux progrès de la médecine, aux effets favorables des services publics, aux systèmes sociaux de solidarité… est une avancée positive de notre société. Après les études, la formation puis la vie professionnelle, il est normal, et captivant, de pouvoir envisager une troisième période de la vie, décente, enthousiasmante, et longue. Aujourd’hui les pensions sont versées aux enseignants des écoles retraités pendant 22,5 années en moyenne. Bien des retraités ont aujourd’hui le plaisir de connaître, d’accompagner, et souvent même d’aider, leurs enfants, leurs petits enfants et parfois leurs arrières-petits enfants. Faudra-t-il que demain, dans quelques années, à cause d’un appauvrissement du montant des pensions, ce soit les enfants et les petits enfants qui assistent leurs parents et grands-parents ?
Faut-il se résoudre à l’idée que vivre plus longtemps c’est nécessairement vivre plus pauvrement ?
Depuis 1993, toutes les réformes successives concernant les régimes de retraites n’ont visé qu’un seul objectif : diminuer le coût des pensions et retraites. Cela s’est traduit en allongeant l’âge légal de départ à la retraite, en augmentant la durée de cotisation, en réduisant le montant des pensions par la « décote », en indexant les pensions sur l’inflation et non plus sur les salaires, en excluant chaque année le 1er trimestre de pension de toute revalorisation et prochainement en abandonnant dès 2010 la notion de taux de remplacement liée aux revenus d’activité...
Le gouvernement laisse délibérément courir le
déficit budgétaire pour faire croire que les «
caisses sont vides » et que le temps de la solidarité est
terminé. Il veut qu’à l’avenir le montant de
la pension relève de plus en plus de la seule
responsabilité personnelle du salarié. Il envisage ainsi
le report de l’âge du départ en retraite, la
capitalisation par une épargne individuelle faisant appel au
secteur assurantiel privé, les placements financiers ou
immobiliers en prévision de la cessation
d’activité, des « petits boulots » pour les
retraités… Tout est fait pour réduire le
coût des pensions, pour livrer au secteur privé et
financier un marché largement assumé aujourd’hui
par le secteur public pour casser la solidarité
intergénérationnelle qui fonde et garantit, le
financement actuel des pensions. En France, les dépenses de
santé représentent chaque année plus de 200
milliards d’euros, qui échappent encore en partie aux
appétits du marché.
Pour le gouvernement, il n’y aurait qu’une solution, celle
de réduire les dépenses et singulièrement les
dépenses publiques en limitant les augmentations de salaires, en
réduisant les services publics, en déremboursant les
médicaments, en augmentant le forfait hospitalier, en
abandonnant la prise en charge de la dépendance ... C’est
dans cette logique que le gouvernement envisage pour 2010 de nouvelles
propositions concernant les systèmes de pensions et retraites.
Bien sûr, cette solidarité intergénérationnelle a un coût ! Ne serait-ce que par le nombre croissant de pensions et retraites à financer, de 1 français sur 5 retraité aujourd’hui à 1 sur 3 dans 30 ans.
Il existe pourtant une autre solution : augmenter les recettes. Une hausse des salaires relancerait à la fois la consommation, et par là-même les emplois, et également les cotisations salariales. Une augmentation de 0,5% de la masse salariale rapporte ainsi 10 milliards d’euros à la sécurité sociale et une diminution de 100.000 chômeu-r-se-s permet de débloquer 1 milliard d’euros de recette pour la sécurité sociale. Imposer au même niveau que les salaires les revenus financiers du capital et du patrimoine augmenterait fortement les ressources de l’Etat au contraire du bouclier fiscal en vigueur, tout comme la remise en cause des exonérations de cotisations patronales et des niches fiscales. Dans le projet de loi de finances 2010, les allègements d'impôts de toutes sortes sont en augmentation et représentent plus de 75,5 milliards d’euros. Pour les entreprises, les exonérations patronales représentent 25 milliards d’euros, soit environ le montant du déficit actuel de la sécurité sociale. L’ensemble des profits et de la valeur ajoutée peut également être mis à contribution. Le prélèvement de cotisations sociales sur les stock-options distribuées aux cadres dirigeants des grandes entreprises pourrait ainsi rapporter immédiatement plus de 3 milliards d’euros à la sécurité sociale. Au total, le besoin de financement supplémentaire des retraites est évalué à 1 point de PIB, ce qui représente 10 % des dividendes versés aux actionnaires des sociétés non financières. Qui peut croire que ce financement des retraites ne serait pas soutenable, que l’économie de la France ne pourrait y parvenir ?
Nous sommes effectivement confrontés à un choix ! Pas seulement un choix économique et financier … Mais un choix de société pour notre avenir et celui de nos enfants. Des retraites pérennes ne peuvent reposer que sur un système par répartition, fondé sur la solidarité entre générations, le seul susceptible de garantir sur le long terme une retraite correspondant à un haut niveau des revenus d’activité.