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Parents, professionnels, citoyens unis pour la qualité de l’accueil et de la scolarisation des jeunes enfants
Nous nous opposons :
- aux mesures qui portent atteinte à la qualité des modes d’accueil : diminution des taux d’encadrement des enfants, déqualification des professionnels (modifications du décret sur l’accueil collectif), création de dispositifs dérogatoires aux normes d’accueil (jardins d’éveil, regroupements d’assistantes maternelles) ;
- aux suppressions de postes d’enseignants qui se traduisent par la perte de dizaines de milliers de places en école maternelle pour les jeunes enfants.
Nous demandons :
- le développement des structures publiques ou à but non lucratif, pour l’accès aux modes d’accueil ;
- le rétablissement des postes supprimés dans l’éducation nationale, permettant à chaque famille qui le souhaite de scolariser son enfant entre 2 et 3 ans dans des conditions adaptées à cet âge d’entrée à l’école maternelle ;
- l’amélioration des taux actuels de professionnels qualifiés, dans les établissements d’accueil et à l’école maternelle ;
- un plan d’urgence pour la formation des professionnels par l’accroissement substantiel des places et des crédits dans les écoles de formation (auxiliaires de puériculture, éducateurs de jeunes enfants, puéricultrices, enseignants et agents territoriaux spécialisés en école maternelle) ;
- l’abaissement du reste à charge financier pour les familles, leur permettant d’accéder au mode d’accueil de leur choix, pour aller progressivement vers la gratuité des modes d’accueil.
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la carte pétition en Pdf
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l'appel en Pdf
Nous affirmons qu’une politique publique ambitieuse
pour la
petite enfance constitue un investissement pour l’avenir.
Elle
doit permettre à toutes les familles qui le souhaitent
d’accéder pour leur enfant à un mode
d’accueil de qualité ou à
l’école
maternelle sans barrière financière. Elle est la
première condition pour assurer le droit au travail des
femmes.
A l’inverse, les mesures et projets gouvernementaux
concernant
les modes d'’accueil et l'école maternelle
convergent, en
dépit des annonces ministérielles, vers une
dégradation des dispositifs existants, au
détriment des
attentes des familles et des besoins fondamentaux des enfants.
Il s’agit notamment :
- du projet de diminuer la proportion des professionnels les plus
qualifiés (éducateurs de jeunes enfants,
puéricultrices et auxiliaires de puériculture)
dans les
établissements et services d’accueil des jeunes
enfants
(crèches, multi-accueils…) ;
- de l’extension des capacités maximales
d’accueil
des assistantes maternelles de trois à quatre enfants et de
la
création de regroupements d’assistantes
maternelles
pouvant accueillir jusqu’à 16 enfants sans aucune
règle collective de fonctionnement ;
- de la création expérimentale de 8000 places de
jardins
d’éveil d'ici 2012 pour les enfants de deux
à trois
ans, prévoyant un taux d’encadrement
d’un adulte
pour 8 à 12 enfants au lieu d’un pour 8 enfants du
même âge actuellement pratiqué dans les
crèches ;
- de la perte de 68 000 places depuis 2000 pour cette tranche
d’âge en école maternelle du fait des
suppressions
massives de postes d’enseignants, qui pourrait augurer
d’une attaque plus globale contre
l’école
maternelle, malgré les propos du ministre de l'Education
nationale..
Il en résulte :
- une atteinte inadmissible à la qualité
d’accueil
des enfants. En effet, selon de nombreuses études
réalisées en France et à
l’étranger,
celle-ci serait liée à un ensemble de
critères
prenant en compte les niveaux de qualifications professionnelles, les
taux d’encadrement, la taille restreinte des groupes
d’enfants ainsi que des temps de réflexion sur les
pratiques, qui favorisent une prise en compte de l’enfant et
de
sa famille dans une relation individualisée ;
- une croissance annoncée des capacités
d’accueil,
sans garantie d’une augmentation correspondante du personnel
qualifié auprès des enfants ;
- une pénalisation financière
supplémentaire pour
les familles concernées, si le taux de scolarisation des 2-3
ans
régresse.
- la pérennisation d’une situation où
plus de la
moitié des familles demeurent privées de tout
véritable choix, ce qui conduit de nombreuses femmes
à
adopter une solution contrainte de retrait du marché du
travail.
Cette dégradation des conditions d’accueil ou de
scolarisation des jeunes enfants est inacceptable mais elle
n’est
pas inéluctable. L’exigence de qualité
pour
l’accueil des jeunes enfants est légitime et
indispensable
pour promouvoir leur développement et leur
bien-être et
répondre aux attentes de leurs familles, sur
l’ensemble
des territoires.
C’est pourquoi, nous nous mobilisons pour la reconnaissance
de la
spécificité des besoins d’enfants de
moins de 3 ans
lors de leur accueil en dehors du milieu familial et en
collectivité, conformément aux connaissances
scientifiques et pratiques acquises depuis 30 ans : à savoir
la
nécessité d’assurer au sein du groupe
d’enfants un accompagnement en mesure de soutenir
le
développement singulier de chaque enfant.
Nous demandons en conséquence :
- le respect d’un taux d’encadrement d’au
moins un
adulte pour 5 enfants qui ne marchent pas puis d’un pour 8
enfants qui marchent en établissement d’accueil
(sachant
que ces taux sont de un pour 3 à un pour 5 avant trois ans
dans
plusieurs pays européens). En maternelle, nous demandons la
présence d’un enseignant et d’un ATSEM
à
temps plein pour 15 enfants ;
- le maintien et l’amélioration des taux actuels
de
professionnels qualifiés, par l’accroissement des
places
dans les écoles de formation (auxiliaires de
puériculture, puéricultrices,
éducatrices de
jeunes enfants…) et par l’accroissement des postes
d’enseignants et d’ATSEM, formés
à
l'éducation et à l’accompagnement de
tout jeunes
enfants ;
- l’arrêt des politiques publiques en
défaveur des
modes d’accueil collectifs et la promotion d’un
plan de
formation et de recrutement de professionnels qualifiés de
la
petite enfance ;
- l’arrêt des suppressions de postes dans
l’éducation nationale et le
rétablissement des
postes supprimés (40 000 en trois ans).
L’école
maternelle ne doit pas servir de variable d’ajustement et
doit au
contraire être dotée des moyens
nécessaires pour
que chaque famille qui le souhaite puisse scolariser son enfant entre
deux et trois ans dans des conditions adaptées à
cet
âge d’entrée à
l’école
maternelle ;
- le renforcement et le développement des structures et des
dispositifs, publics ou à but non lucratif, pour
l’accès aux modes d’accueil et
à
l’école maternelle des jeunes enfants, en
privilégiant la continuité de l’accueil
(0-3 ans en
établissement d’accueil, 2-6 ans en maternelle) ;
- l’abandon des regroupements d’assistantes
maternelles qui
constitue le sommet de la déréglementation avec
l’absence de tout encadrement et le maintien des contrats de
gré à gré avec les parents employeurs ;
- l’abaissement du reste à charge financier pour
les
familles, leur permettant réellement
d’accéder au
mode d’accueil de leur choix, pour aller progressivement vers
la
gratuité des modes d’accueil.
Associations et syndicats, représentant les familles, les
professionnels de la petite enfance et de l’Education
nationale,
nous nous engageons conjointement et appelons tous les citoyens
à nous rejoindre et se mobiliser pour atteindre ensemble ces
objectifs.
Liste provisoire des
signataires
Les
professionnels de l'enfance:
ANAPSY-pe (association nationale des psychologues pour la petite
enfance)
ANAP (association nationale des auxiliaires de puériculture)
ANPDE (association nationale des puéricultrices
diplômées et étudiantes)
Association Pikler Lockzy
CEEPAME (comité d'entente des écoles
préparant aux métiers de l'enfance)
FNEJE (fédération nationale des
éducateurs de jeunes enfants)
SNMPMI (syndicat national des médecins de protection
maternelle et infantile)
Les familles:
CSF (confédération syndicale des familles)
FCPE (fédération des conseils de parents
d'élèves)
UFAL (union des familles laïques)
Les syndicats
FSU
CGT
CGT Crèches et Pmi 93
CGT Educ'action
CGT Fédération Service Public
CGT Petite enfance Ville de Paris
SE-UNSA
SNU CLIAS-FSU
SNUipp-FSU
SUPAP-FSU
UNSA
UNSA Education
UNSA Petite enfance Ville de Paris
USD Santé et Action sociale CGT Paris