Enseigner est un métier qui s’apprend ! Tel n’est pas la conception du gouvernement qui supprime toute formation initiale professionnelle avec la réforme de la formation initiale dite de « mastérisation ».
Les futurs enseignants seront recrutés à Bac + 5 après obtention d’un Master, et se verront affectés devant classe dès la réussite du concours. Lors de stages, des étudiants sans réelle formation prendront la responsabilité d’une classe.
Par ce biais, le gouvernement supprime 9 182 postes d’enseignants stagiaires dans le premier degré. Il n’existera donc plus de formation professionnelle rémunérée, ce qui portera un coup d’arrêt à la difficile démocratisation de l’accès aux métiers de l’enseignement et représente un nouveau pas dans la précarisation des personnels.
De plus, cette réforme centre la formation sur des apprentissages académiques aux dépens d’une articulation théorie/pratique nécessaire pour apprendre à enseigner. Dans ce cadre, elle nie tout l’apport que peuvent apporter les formateurs de terrain que sont les maîtres formateurs et les conseillers pédagogiques.
Au niveau national, les syndicats demandent le retrait de la circulaire du 20/08/09 réglementant ces stages.
Au niveau parisien, parce qu’ils condamnent la casse de la formation initiale, les sections parisiennes des syndicats SNUipp FSU, Snudi FO et Sud Education appellent les enseignants « maîtres d’accueil temporaire » à ne pas accueillir d’étudiants pendant la seconde vague de stage en janvier et prévenir leur ICC de leur décision. En cas de pressions hiérarchiques, les enseignants prendront contact avec les organisations syndicales à l’origine de cet appel qui les soutiendront face à leur hiérarchie.