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Portrait des enseignat-es à Paris en 2016-2017

publié le 20 mars 2017

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Chaque année l’administration donne aux représentant-es des personnels la liste des enseignant-es du premier degré affecté-es à Paris. Cette liste contient des informations comme la date de naissance, le corps, l’échelon, l’affectation. C’est à partir de cette liste que nous tirons les informations présentées ici.
À la rentrée 2016 le nombre d’enseignant-es parisien-nes s’élevait à 9 367. Le corps des instituteurs-trices est en voie de quasi extinction avec 170 collègues qui n’ont toujours pas fait le choix d’intégrer le corps des professeurs des écoles. Pourtant cette extinction se fait lentement. Ils étaient encore 371 en 2012.

Une profession ultra féminisée

Avec 7 823 femmes pour 1 544 hommes, les enseignant-es des écoles forment une profession très féminisée. La proportion de femmes est de 83,52 %. Elle est légèrement supérieure à la proportion nationale de 82,9 %. Cette forte féminisation est encore plus criante si on la compare avec la situation du second degré. Chez nos collègues du secondaire, 52 % des enseignant-es sont des femmes au niveau national. La très grande féminisation chez les enseignant-es du primaire n’est pas près de se réduire. En effet, chez les moins de 30 ans, la proportion de femmes atteint 87,4 %. Il est intéressant de remarquer que le second degré connaît une évolution contraire à celle du premier degré en matière de féminisation. En 2012 la proportion de femmes dans le second degré était de 59,5 %.

Une profession « relativement » jeune mais qui travaille plus longtemps

Avec 41,3 % de moins de 40 ans, les enseignant-es du premier degré parisien sont relativement jeunes. La moyenne d’âge se situe à 43,1 ans et est légèrement plus élevée qu’au niveau national (41,1 ans). C’est d’autant plus vrai si on la compare avec celle des enseignant-es du secondaire (46,7 ans). On constate que 31,8 % des enseignant-es des écoles ont 50 ans ou plus. Cette proportion était de 33,78 % en 2012.
Il est à noter que dans une profession qui historiquement bénéficiait de la retraite à 55 ans, 5,9 % des enseignant-es du premier degré sont encore en activité au delà de 60 ans. Cette proportion est en augmentation. Elle était de 4,1 % en 2012. Le fait d’avoir dû s’arrêter de travailler pour suivre un conjoint, élever des enfants ou s’occuper d’un ascendant malade explique sans doute cela. Les réformes des retraites de 2003, 2010 et 2012 en augmentant le nombre d’annuités exigées pour bénéficier d’une retraite à taux plein et reculant l’âge de départ à la retraite ont certainement contribué à aggraver ce mouvement.

Des fonctions exercées plus féminisées que d’autres

La très grande majorité des enseignant-es sont adjoint-es. Cela est normal car l’essentiel de notre mission relève de l’enseignement. Mais à côté de cette mission primordiale existent d’autres missions qui contribuent à son bon fonctionnement telles que la direction, le remplacement, les aides spécialisées, le conseil et la formation. Ces autres fonctions constituent ainsi des voies de diversification. Il est intéressant d’observer la répartition entre les femmes et les hommes au sein de ces différentes missions. Si la proportion hommes/femmes dans l’ensemble de la profession (16,48 %/83,52 %) est à peu près respectée chez les adjoint-es en élémentaire et dans l’ASH, il n’en va pas de même ailleurs. Les hommes semblent «  bouder » la maternelle. Ils ne sont que 7,7 % à y exercer. Par contre ils sont plus nombreux que la moyenne à exercer des missions de direction (33,76 %) et d’animation-formation (33,3 %).

Un accès inégal à la hors-classe

Sur un total de 9197 professeurs des écoles, 1028 sont à la hors classe contre 315 en 2012. Cela représente une proportion de 11,18 %. Ce taux est en nette augmentation depuis 2012. Il était alors de 3,63 %. Cela est lié à l’augmentation des ratios de promotion depuis 2012. L’accès à la hors classe devient plus abordable même s’il reste encore des inégalités avec le second degré. Ainsi en 2015, à Paris, le taux de promotion à la hors classe chez les professeurs des écoles était de 4,5 % alors qu’il était de 8,5 % chez les certifiés, soit près du double.
À cette inégalité avec le second degré s’ajoute une inégalité en fonction de la catégorie d’enseignant-es. Les adjoint-es sont les grands perdants de la course au mérite. Parmi les collègues à la hors classe, 351 (34,14 %) assurent des fonction de direction, 166 (16,15 %) exercent dans l’ASH et 391 sont des adjoints (38,04 %). On retrouve également l’écart entre les hommes et les femmes qui ne représentent que 71,6 % des enseignants hors-classe alors qu’elles représentent 83,52 % de l’ensemble des enseignant-es. Cette répartition inégalitaire au sein de la hors-classe est toutefois à nuancer car les collègues qui exercent des fonctions particulières (direction, formation, ash) sont aussi des collègues qui possèdent une certaine ancienneté.
Pour le SNUipp-FSU, ces inégalités sont inacceptables. Tous les PE doivent partir à la retraite en ayant été promu-es à la Hors Classe.


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