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Ils-elles sont bien là, le prof-bashing ça suffit !

publié le 11 juin 2020

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Alors qu’on entend dire ici ou là que les personnels enseignants rechigneraient à reprendre la classe, une mise au point s’impose : non, les enseignant-es ne sont pas dans la nature, ils-elles s’occupent de leurs élèves.

Entre les contraintes du protocole sanitaire qui réduit de fait les capacités d’accueil et la demande légitime des familles à ce que leurs enfants reviennent à l’école, les enseignantes et les enseignants sont soumis-es à des injonctions paradoxales. Alors que dans leur grande majorité, les PE ont repris la classe, on les soupçonne de jouer les prolongations du confinement et le Ministère, censé les soutenir, entretient le flou sur des chiffres fantaisistes. Une manière de déplacer le projecteur et de les rendre responsables d’une situation particulièrement mal gérée.


Communiqué du SNUipp-FSU du 10 juin

Quand dans la même phrase le ministre de l’Éducation nationale dit « toutes les familles qui le souhaitent devront pouvoir scolariser leur enfant même partiellement » et « le protocole est inchangé », on assigne à l’école un objectif intenable et, par ricochet, on jette l’opprobre sur les enseignant-es.
En tenant compte du protocole, dont les 4m2 par enfant, l’exercice est en effet impossible et pourrait au mieux déboucher sur un accueil partiel de davantage d’enfants ce qui ne correspond pas à la demande légitime des familles.
Le ministère sait très bien que l’école ne peut pas tenir cette promesse mais dégage ainsi sa responsabilité et entretient le doute sur la présence des enseignant-es. De même, en faisant rêver sur un accueil périscolaire parallèle qui ne peut être organisé partout, il se dédouane sur les municipalités.

Les enseignantes et les enseignants des écoles sont là.
Ils-elles l’ont été pour accueillir les enfants de soignant-es, sans masques et sans gel pendant de longues semaines.
Ils-elles l’ont été pour l’enseignement à distance où ils-elles ont dû improviser à la hâte sans matériel professionnel et sans formation, maintenant activités scolaires et lien précieux avec leurs élèves.
Ils-elles ont été là à la reprise, dès que toutes les écoles ont rouvert pour assurer la scolarisation en présentiel mais aussi en distanciel. Nombre d’entre elles-eux effectuent une double journée entre élèves présents et élèves à distance. Des enseignant-es ont même été désigné-es par les inspecteur-trices pour se consacrer uniquement à l’enseignement à distance car seule une minorité d’élèves peut être accueillie dans les écoles.

Par ailleurs la stratégie ministérielle du volontariat des familles qui tourne le dos à l’école de tous et toutes, freine le retour des élèves ayant le plus besoin d’école et est un facteur de creusement des inégalités.

Une enquête du SNUipp-FSU indique que moins de 10% des personnels enseignants sont concernés par des problèmes de santé ou de vulnérabilité de leur entourage, et ne peuvent aujourd’hui reprendre la classe en présentiel.
Bien loin donc, des 40% qui seraient soi-disant « dans la nature ».

Comme tous-tes les salarié-es, les enseignant-es doivent rendre des comptes à leur hiérarchie qui sait qu’ils-elles travaillent et témoigne d’ailleurs de la qualité de leur engagement pour faire classe, en présentiel comme en distanciel, dans les conditions imposées par le protocole sanitaire.

Ils-elles sont bien là et une fois de plus ils-elles tiennent le système éducatif à bout de bras tandis que le Ministère, censé les soutenir, entretient le flou sur des chiffres fantaisistes, une manière de déplacer le projecteur et de les rendre responsables d’une situation particulièrement mal gérée.

Lire également la déclaration commune des organisation syndicales au CSE du 11 juin.


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